La feuille de route Verte du gouvernement Ayrault

Le 03 juillet 2012 par Geneviève De Lacour
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Jean-Marc Ayrault, Premier ministre.
Jean-Marc Ayrault, Premier ministre.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’est présenté devant une Assemblée nationale très dissipée pour faire sa déclaration de politique générale. Conférence environnementale, agriculture, normes environnementales, nucléaire, Code minier, croissance Verte, le chef du gouvernement a abordé une grande partie des thèmes évoqués par le candidat Hollande lors de sa campagne.

Exercice de style. Après 26 années de présence dans l’Hémicycle, comme simple député puis chef de groupe du PS, c’est en tant que Premier ministre que Jean-Marc Ayrault, visiblement ému dans les premières minutes, a présenté son discours de politique générale. Il a abordé les sujets environnementaux en annonçant l'ouverture dès la rentrée d'une conférence environnementale consacrée à la transition énergétique et à la biodiversité.

Critiquant ses prédécesseurs, le Premier ministre a martelé: «Il est fini le temps des sommets spectacles. Le temps où la concertation n’était conçue que pour donner l’apparence du dialogue social à la décision d’un seul. Il est fini le temps où l’Etat imposait ses décisions à des collectivités territoriales qu’il considérait comme de simples satellites, chargés d’exécuter sa volonté».

«La conférence environnementale s'ouvrira dès la rentrée pour préparer le grand chantier de la transition énergétique et de la biodiversité», a annoncé le Premier ministre. Il a classé cette conférence parmi les concertations que le gouvernement souhaite mener sur les priorités du quinquennat. Cette conférence environnementale avait été une promesse de la campagne présidentielle de François Hollande. Ce dernier s’étant engagé, le 28 janvier lors du congrès de la fédération environnementale France Nature Environnement (FNE), à ouvrir un dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social (voir JDLE).

La refonte du Code minier, un texte de 1956 issu d'une loi de 1810, a été le premier chantier annoncé par l'éphémère ministre de l'écologie Nicole Bricq, remplacée le 21 juin dernier par Delphine Batho, dans un contexte de bras de fer avec la compagnie Shell au sujet d'un permis de recherche pétrolier au large de la Guyane. «Le Code minier sera profondément réformé, concernant l'exploitation de notre sous-sol, pour donner toutes les garanties et la transparence nécessaires dans l'instruction de tout permis et la délivrance de ces permis», a-t-il annoncé.

Nucléaire. Le Premier ministre a confirmé que, conformément aux engagements du président de la République, la part du nucléaire dans la production d'électricité passera de 75 à 50% à l'horizon 2025.

Concernant la mise en place d'une tarification progressive du gaz, de l'électricité et de l'eau, autre promesse de campagne de François Hollande, «le gouvernement y travaille déjà pour que la mesure prenne effet très rapidement», a assuré Jean-Marc Ayrault.

Normes environnementales. Evoquant le cas de la Chine ou d’autres pays émergents, ils «conserveront durablement une compétitivité liée à un coût du travail très faible, avec laquelle nous ne pourrons pas et nous ne voulons pas rivaliser. Pour préserver les emplois de nos travailleurs et nos capacités de production, nous avons, nous Européens, le droit de nous protéger de pratiques commerciales déloyales, d’exiger le respect de normes sociales ou environnementales et la réciprocité d’accès aux marchés. C’est le principe du juste échange, que nous voulons promouvoir».

Le Premier ministre a ensuite évoqué l’agriculture dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune (PAC). «Les exigences croissantes en faveur de la qualité des produits et de modes de production plus respectueux de l’environnement sont une chance pour nos agriculteurs et nos professionnels de l’agroalimentaire. Nous stimulerons, à travers une loi-cadre, le développement d’une agriculture diversifiée, durable et performante», a-t-il annoncé.

Logement. «Conformément aux engagements pris en faveur du développement durable et pour limiter les dépenses des familles, un plan ambitieux de performance thermique de l’habitat sera engagé, pour les logements neufs comme pour le parc ancien.»

«La transition écologique et énergétique que mon gouvernement veut initier sera créatrice d’emplois nouveaux. Nous allons développer une ’économie Verte’, fondée sur l’innovation technologique, qui sera l’une des composantes de notre redressement productif.» Un peu plus tôt, dans son discours, Jean-Marc Ayrault a affirmé: «Nous redonnerons toute sa place à la recherche».

Et l’ancien maire de Nantes, fervent défenseur du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, d’ajouter: «Pour préserver notre planète, maîtriser nos consommations de ressources naturelles et diminuer notre empreinte écologique, nous construirons une société sobre et efficace. Il en va de la protection de l’environnement, de la préservation de la biodiversité et de l’indépendance énergétique de la France».

«J’ai confiance dans nos atouts, dans ce que nous sommes. Rien ne sera caché des difficultés rencontrées.» Et, s’adressant au députés de l’Assemblée: «C’est sur votre force que je m’appuierai!»

Ce qui n’a pas empêché le Premier ministre d’être copieusement hué par les députés d’opposition et notamment de l’UMP qui ont finalement décidé de quitter l’Hémicycle au moment où les débats commençaient.

«Je n'ai entendu que des incantations, des grandes phrases, un discours interminable et pas une seule réforme courageuse», a lancé le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, à la sortie de l'Hémicycle.

Côté Ecologistes, Noël Mamère a annoncé ce matin être le seul député EELV à s'abstenir lors du vote de confiance au gouvrenement. Le député de Gironde a déclaré sur une radio d'information qu'il n'avait pas "l'intention de voter la confiance au gouvrenement" de Jean-Marc Ayrault dans l'après-midi. Contrairement à la décision qu'a pris le groupe écologiste réuni dans la matinée. Il semblerait que le député girondin ait changé d'avis après le discours du Premier ministre.

 

 



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