La feuille de route Ours hérisse bergers et naturalistes

Le 07 juin 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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"Mesure d'accompagnement" classique : le patou.
"Mesure d'accompagnement" classique : le patou.
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Jugées insuffisantes par les éleveurs, les mesures d’effarouchement des plantigrades sont décriées par les environnementalistes.

 

Avec l’ours, le gouvernement a réussi l’exploit de se mettre tout le monde à dos. Jeudi 6 juin, le préfet de la région Occitanie a présenté, lors d’une réunion à Toulouse, la feuille de route «pastoralisme et ours».

Un an après la réintroduction de deux femelles (Sorita et Claverina), l’Etat ferme la porte à l’arrivée de nouveaux plantigrades slovènes. Sauf, bien sûr, s’il s’agit de remplacer des adultes qui auraient été abattus. Ce faisant, il hypothèque la réussite du plan ours 2018-2028, qui prévoyait la constitution d’une population ursine d’une cinquantaine d’individus dans les Pyrénées françaises: 10 de plus qu’actuellement.

Eleveurs entendus

D’une manière générale, la feuille de route devrait donner satisfaction aux éleveurs. Elle prévoit la mise en service (dès ce 7 juin) d’un service de localisation des plantigrades par SMS, a précisé le préfet d'Occitanie, coordonnateur pour le pastoralisme et l'ours. Il était temps: la transhumance des brebis a déjà commencé !

Dans l'attente du renforcement de la couverture en téléphonie mobile, des radiotéléphones portatifs seront distribués aux bergers établis dans les zones blanches à risque. Moins consensuel, un «dispositif d'effarouchement graduel» sera mis en place «pour les estives qui font l'objet d'une prédation» d'ours malgré des mesures de protection des troupeaux, ont indiqué les ministères de la transition écologique et de l’agriculture.

Pas de montant

En cours de consultation, ces mesures prévoient un effarouchement simple (moyens sonores, lumineux, olfactifs) puis si besoin un effarouchement renforcé (tirs non létaux réalisés par des personnels de l’ONCFS), «pourront être opérationnelles dès la campagne d'estive 2019».

La feuille de route, qui ne donne pas de montants, prévoit également «un accompagnement financier renforcé des éleveurs pour le déploiement des mesures de protection des troupeaux (parcs, chiens et bergers)» et une «revalorisation de l'indemnisation» de leurs pertes liées aux attaques d'ours.

Pas de charnier

Pour les bergers, le compte n’y est pourtant toujours pas. Interrogé par la Dépêche du midi, Philippe Lacube regrette un trop strict encadrement des mesures d’effarouchement. Le président de la chambre d'agriculture de l'Ariège avait aussi proposé de tester le nourrissage des ours par charnier, comme cela se pratique en Italie ou en Slovénie. Mesure refusée par l’Etat.

Les pro-ours ne sont pas plus heureux. Protestant contre des mesures d’effarouchement, jugées dangereuses, la quinzaine d'associations de la Coordination Associative Pyrénées pour l'Ours (Cap Ours) avaient boycotté la réunion de jeudi.



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