La feuille de route européenne pourrait pâtir de Fukushima

Le 18 mars 2011 par Sonja van Renssen
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Il va peut-être falloir revoir la stratégie de Bruxelles pour décarboner l’économie européenne d’ici à 2050 si les Etats membres changent de position sur le nucléaire. La commissaire européenne au climat Connie Hedegaard a averti que si la catastrophe japonaise conduisait à «plus d’appréhension» pour construire des centrales nucléaires, «bien sûr, nous devrions avoir une discussion sur ce qu’il faudrait faire à la place».

 

La feuille de route pour 2050 ne tient compte que des centrales qui ont fait l’objet de décisions fermes, a précisé la commissaire. Elle s’appuie sur des politiques existantes plutôt que sur ce qui pourrait être décidé. Par exemple, elle intègre la fin du nucléaire en Allemagne pour 2050.  

De nouvelles hésitations sur le nucléaire pourraient avoir des implications sur les émissions européennes de gaz à effet de serre.

 

Mercredi, le consultant Point Carbon a estimé que la fermeture temporaire de 7 réacteurs en Allemagne, construits avant 1980, plus 1 pour entretien, pourrait augmenter les émissions de CO 2 de l’Allemagne de 8 millions de tonnes. S’ils sont remplacés définitivement par du charbon et du gaz, les émissions pourraient croître de 435 millions de tonnes jusqu’à 2020 et le prix moyen du carbone pourrait augmenter de 5 à 35 euros la tonne sur la même période.

 

Entretemps, la porte-parole du commissaire européen à l’énergie a cherché à calmer les marchés boursiers affolés par les déclarations alarmistes de Günther Oettinger. Il voulait dire que la situation était «techniquement» hors de contrôle, a-t-elle précisé, en référence aux tentatives de refroidissement des centrales dues à la défaillance des systèmes d’urgence. Le commissaire européen n’a pas d’information privilégiée, a-t-elle ajouté.

 

Lundi 21 mars, Günther Oettinger devrait rencontrer les ministres européens de l’énergie des Vingt-sept pour débattre des tests de sûreté auxquels les gouvernements européens devraient soumettre leurs centrales nucléaires. Ces tests devraient évaluer la capacité des réacteurs nucléaires européens à réagir à des événements critiques tels que tremblement de terre, inondation, panne d’électricité, canicule et attaque terroriste. Ces tests ne seront toutefois pratiqués que sur les centrales nucléaires, et non sur les sites de stockage ou les installations militaires.

 

Günther Oettinger pense que la récente directive sur la sûreté nucléaire, qui devrait être révisée en 2014, le sera bien avant. Juridiquement, la Commission européenne a la compétence pour proposer des vérifications obligatoires par les inspecteurs de son choix. Encore faudrait-il que les Etats membres soient d’accord, ce qui n’est pas évident, vu le refus catégorique opposé jusqu’ici par les capitales européennes pour laisser l’UE contrôler la sûreté de leurs centrales.



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