La feuille de route environnementale –idéale- de la Lituanie

Le 02 juillet 2013 par Marine Jobert
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La Lituanie, premier pays balte à présider l'UE.
La Lituanie, premier pays balte à présider l'UE.
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C’est une liste qui tient de Prévert et du Père Noël à la fois: le bureau européen de l’environnement[1] (BEE) vient d’établir la feuille de route en matière environnementale de la Lituanie, qui a pris ce 1er juillet la présidence tournante de l’Union européenne pour les 6 mois à venir. En une dizaine de points aux développements ambitieux, le BEE rappelle quelles sont les échéances européennes dont l’UE a ou va avoir à se saisir sur des thèmes aussi variés que la politique climatique, la protection des espèces, les produits chimiques ou la qualité de l’air. Un vade-mecum qui aurait pu être adressé à n’importe quel autre pays, mais qui intervient dans une période complexe: la Lituanie -qui prend la tête de l’UE pour la première fois- écope de quantité de dossiers inachevés, dans un contexte économique chahuté et alors que la campagne européenne a déjà commencé mezza voce.

 

Première ambition: asseoir le poids de l’UE dans les négociations climatiques post-Rio+20. A la fois en obtenant de la Commission européenne l’élaboration d’une nouvelle stratégie, mais aussi en mettant en œuvre les changements nécessaires au respect des engagements pris pour 2020. Objectif: «un accord international qui permettra que les mesures pour réduire les émissions d’ici à 2050 soient basées sur les dernières informations scientifiques disponibles, afin de maintenir le réchauffement en dessous des 2°, en gardant à l’esprit qu’un consensus émerge sur la nécessité de maintenir la hausse à 1,5°.» La question des biocarburants –en cours de discussion, autour de la question des changements directs et indirects d’affectation des terres [JDLE]- en est un enjeu, via les directives sur les énergies renouvelables et sur la qualité des carburants (avec la taxation des sables bitumineux canadiens en arrière-plan). Dans la même lignée, l’EBB en appelle à des mesures d’urgence pour sauver le système des crédits carbone (Emissions Trading System).

 

Autant de dossiers qui passent également par un travail volontariste sur les économies d’énergie: le BEE exige des objectifs contraignants, tant pour les réductions d’émissions que pour l’énergie renouvelable et les économies d’énergie. Il en appelle à un financement de ces mesures, via la directive sur la taxation de l’énergie, mais aussi au refus formel des gaz de schiste, «dont l’exploration va de pair avec de forts risques environnementaux et économiques et qui constituent un détournement majeur des stratégies climatiques et énergétiques comme les économies d’énergie et les renouvelables.»

 

L’impact des activités humaines sur les écosystèmes est évoqué par le BEE, via un appel à améliorer la directive sur l’évaluation des impacts environnementaux, en renforçant notamment sa conformité «avec l’esprit et la lettre» de la convention d’Aarhus.  La stratégie régionale pour la Mer Baltique, qui sera prochainement discutée –et qui concerne en premier lieu la Lituanie- comporte des éléments environnementaux clés, notamment sur la question de la surpêche et de la reconversion des chaluts. Des financements sont à trouver pour «soutenir le renouvellement de la flotte, la modernisation ou la construction de bateaux, les cessations d’activités temporaires.» Le BEE en appelle à un accord ambition sur l’incorporation de la Convention de Nagoya dans la législation européenne et demande à ce qu’une nouvelle proposition de législation sur les espèces invasives voit le jour pendant la présidence lituanienne.

 

L’accord UE-USA –pour lequel la Commission européenne vient de révéler partiellement la teneur de son mandat- est bien un enjeu environnemental, affirme le BEE, à l’unisson des eurodéputés Verts-ALE. «Il s’agit de s’assurer que [ces négociations] déboucheront sur une harmonisation par le haut des standards environnementaux», redoute le BEE, qui appelle à s’opposer à l’inclusion d’un mécanisme qui autoriserait un investisseur à attaquer un Etat ou l’UE à cause d’une législation environnementale.

 

La protection des populations des produits chimiques dangereux est largement évoquée. Le BEE réclame la constitution d’un registre européen dédié aux nanomatériaux manufacturés, y compris dans le cadre des amendements aux annexes de Reach. Les Convention de Rotterdam, Stockholm et Bale –sur les produits chimiques et les déchets- devraient être renforcées, particulièrement pour ce qui concerne les substances extrêmement préoccupantes. Enfin, le dossier des perturbateurs endocriniens n’est pas oublié, le BEE appelant le Conseil environnemental à reconnaître que les propriétés intrinsèques de ces produits chimiques les rendent incontrôlables par les moyens actuellement déployés au plan réglementaire.

 

Enfin, le BEE évoque la révision de la stratégie thématique sur la pollution de l’air ou la nécessité d’inclure dans la directive relative à des plafonds nationaux d'émissions (NEC) des polluants comme les particules fines PM2,5, le mercure, le méthane et la suie, «puisque ces polluants sont aussi responsables du changement climatique.»

 

A noter que dans les priorités de sa présidence que liste la présidence lituanienne sur son site internet, elle ne souffle mot des questions environnementales.

 

 


[1] Le Bureau européen de l'environnement ou BEE (en anglais, European Environmental Bureau ou EEB) est une organisation non gouvernementale créée en 1974 à Bruxelles, qui fédère plus de 140 organisations environnementales situées dans les 27 États membres de l'Union européenne, les pays candidats et quelques pays voisins de l'Union européenne.

 



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