La feuille de route de Nicolas Hulot pour 2018

Le 22 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Un ministre intolérant aux couleuvres.
Un ministre intolérant aux couleuvres.
VLDT

Pas triomphaliste pour deux sous, Nicolas Hulot. Moins d’une semaine après l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (auquel il était opposé), le ministre de la transition écologique présentait, ce lundi 23 janvier, ses vœux à la presse. L’occasion pour le numéro trois du gouvernement de fixer sa feuille de route pour l’année.

L’air grave, l’ancien animateur de télévision n’a pas résisté à la tentation. Devant plusieurs dizaines de journalistes, Nicolas Hulot a tordu le cou à deux légendes urbaines tenaces: sa capacité à avaler des couleuvres et à déposer sa démission chaque matin sur le bureau du Premier ministre. «La réalité n’est pas celle-là», a-t-il insisté. Soulignant non sans ironie sa phobie des reptiles, le créateur de l’émission Ushuaïa a rappelé que les grands sujets de la transition écologique nécessitaient pédagogie et écoute, «sauf à rentrer dans une situation de blocage».

Le doute l’a habité. Revenant sur Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Hulot a précisé que la décision avait été difficile à prendre. «Les représentants des deux camps étaient de bonne foi. Et certains jours, le Premier ministre et moi doutions», a-t-il expliqué.

Les blocages, Nicolas Hulot entend les lever, notamment ceux qui entravent la marche de la transition énergétique. Derrière ce volontarisme se cachent les conclusions des groupes de travail sur le développement de l’éolien, de la méthanisation et du photovoltaïque. Publié en mars prochain, ce ‘Plan de libération des énergies renouvelables’ nourrira la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont les bonnes feuilles sont attendues dans les prochaines semaines. Ce texte encadrant la politique énergétique tricolore doit être adopté, en principe, d’ici la fin de l’année.

Tous les objectifs de la LTECV

Malgré une ébauche qui laisse encore la part belle à l’énergie nucléaire dans la production d’électricité, le ministre a rappelé que «rien n’est figé» et «que tous les objectifs de la loi sur la transition énergétique seront atteints»: baisse de la consommation d’énergie, réduction à 50% de la part de l’atome dans la production d’électricité, développement des énergies renouvelables, abattement des émissions de gaz à effet de serre (GES), rénovation énergétique des bâtiments. Etant entendu pour le locataire de l’Hôtel de Roquelaure qu’aucun but ne pourra être atteint seul. Ce sera donc du tout ou rien.

Mais Nicolas Hulot ne se contentera pas de cet «accélérateur de transition écologique» (‘Acte’, comme on l’appelle déjà au ministère). Début mars, Roquelaure publiera une autre feuille de route, dédiée à l’économie circulaire. Le projet a fait l’objet d’une intense concertation.

Mauvais départ. La stratégie nationale bas carbone (SNBC) ne porte pas encore tous ses fruits. Publiés ce lundi 22 janvier, les indicateurs de la SNBC montrent ainsi qu’en 2016, la France a rejeté 3,6% de GES de plus que ne lui permettait son budget carbone annuel. Cela commence mal.

Soulignant sa complicité de vue avec sa ministre des transports, Elisabeth Borne, Nicolas Hulot s’impliquera dans l’élaboration du projet de loi d’orientation des mobilités, produit des Assises éponymes. Le texte devrait être présenté au Parlement avant l’été.

Ecophyto III                                     

C’est au printemps, en revanche, que Nicolas Hulot avec ses collègues de l’agriculture (Stéphane Travert) et de la santé (Agnès Buzyn) lancera un nouveau plan d’action visant à réduire l’usage des pesticides dans l’agriculture. Cet Ecophyto III devra permettre de structurer la recherche, de diminuer l’utilisation des molécules «les plus préoccupantes», d’accompagner les agriculteurs. De son côté, la FNSEA présentera ses propositions lors du prochain salon de l’agriculture.

assises de l'eau

Le ministre devrait aussi se saisir de l’organisation des assises de l’eau, annoncée pour le second trimestre: «Les retours des préfets sur le niveau des nappes montrent que la situation n’est pas à prendre à la légère», prévient-il. 

Parallèlement, des avancées sont attendues sur le prix-plancher du carbone pour l’électricité, un nouveau projet de taxe sur les transactions financières (le premier avait été très édulcoré par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron), la ratification du CETA. Sans oublier la participation à la COP 24 de Katowice (Pologne), durant laquelle d’importantes mesures nationales et internationales devraient être annoncées.



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