La fertilité, au rythme du soleil

Le 12 janvier 2015 par Romain Loury
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Trop de soleil, mauvais pour la fertilité
Trop de soleil, mauvais pour la fertilité

Le rayonnement ultraviolet affecte-t-il la santé reproductive? Publiée dans les Proceedings of the Royal Society B, une étude norvégienne révèle que les enfants nés en période de forte activité solaire présentent une moindre fertilité à l’âge adulte. Pire, leurs propres enfants souffriraient du même problème.

 

Le phénomène était déjà connu pour la faune aquatique, le voici désormais retrouvé chez l’homme: l’exposition précoce aux rayons UV aurait un impact plus tard dans la vie. Que ce soit en termes d’espérance de vie, ou au niveau de la fertilité.

Pour montrer cela, l’équipe d’Eivin Røskaft, de l’université norvégienne des sciences et technologies à Trondheim, a étudié 8.662 naissances survenues entre 1676 et 1878 dans le pays, notifiées dans des registres paroissiaux. Pour chacune de ces personnes, ils ont analysé la durée de vie et le nombre d’enfants, en fonction de l’année de naissance.

Ou, plutôt, selon qu’ils étaient nés lors d’une année à forte activité solaire ou non. Tous les 11 ans en moyenne, le soleil présente en effet un pic d’activité, se caractérisant par plus de tâches à sa surface, et une plus grande abondance de rayons UV au niveau terrestre.

Les résultats sont pour le moins intrigants: les enfants nés lors d’une forte activité solaire présentent une plus forte mortalité infantile, avec une réduction de leur espérance de vie en moyenne de 5,2 ans. Une fois adultes, ils donnent eux-mêmes naissance à moins d’enfants, qui à leur tour souffriraient du même problème.

Plus de déficiences en folate

Parmi les hypothèses, les chercheurs évoquent un effet de la dégradation du folate (la vitamine B9, prescrite en complément alimentaire aux femmes enceintes) sous l’effet des rayons UV.  «Le folate est nécessaire à la synthèse de l’ADN, pour la maintenance de l’épigénome [marques de l’ADN nécessaires à sa bonne expression, ndlr], et est ainsi nécessaire, lors de la gestation, au développement d’individus en bonne santé et féconds», rappellent-ils.

«Les déficiences en folate au cours de la grossesse sont associées à de plus fortes morbidité et mortalité. Lors des périodes à forte activité solaire pourrait résulter en une déficience chez les femmes enceintes, et par conséquent en un nombre accru de fasses-couches et à une moindre survie des enfants», ajoutent-ils.

En faveur de cette hypothèse de la déficience in utero, le fait que ni les hommes, ni les femmes des classes sociales favorisées, n’étaient affectées par l’activité solaire. Seules celles issues de milieux pauvres en souffraient, soit du fait d’une alimentation ne permettant pas de compenser le manque en folate, soit du fait qu’elles étaient plus exposées aux rayons UV, travaillant à l’extérieur.

S’il état avéré, ce phénomène constituerait-t-il un danger pour l’avenir? Pas impossible, avancent les chercheurs: «aussi bien le changement climatique que la variabilité de la couche d’ozone devraient augmenter la quantité de rayons UV atteignant la surface de la Terre», indiquent-ils.



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