La fédération Envie boostée par le recyclage des DEEE

Le 10 avril 2008 par Victor Roux-Goeken
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Porté par son partenariat avec Eco-systèmes, le principal éco-organisme de la filière des DEEE, la fédération Envie a pu se déployer depuis un an et demi et favoriser l’emploi d’insertion en valorisant et revendant d’anciens DEEE. Mais les responsables d’Envie craignent une pause, due au manque de soutien de l’Etat.

Il y a trois ans, lors de sa création en février 2005, le site de Villeurbanne Envie était une toute petite entreprise. «Peu de salariés, des ventes correctes, sans plus», résume Richard Debauve, président d'Envie. Tout change avec la professionnalisation de la filière des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), début 2007. De 5 salariés, les effectifs passent à 37 en 2007, dont 27 emplois d'insertion. Voilà pour la partie traitement et valorisation des DEEE. Quant à la partie vente, 2.300 appareils d'occasion rénovés –électroménager rénové garanti (ERG) – ont été vendus en 2007, pour un prix moyen de 170 euros.

Pour Envie et Eco-systèmes, le plus important des trois éco-organismes de la filière des DEEE, l'organisation de la filière de cette catégorie de déchets, lancée en 2007, a permis à Envie de connaître un boom. «Depuis 18 mois, la filière DEEE a permis de créer 350 emplois équivalents temps plein, ainsi que 18 entreprises totalement dédiées aux DEEE», calcule Jean-Luc Tissier, délégué général de la fédération Envie, laquelle compte 800 emplois d'insertion, soit «une rotation annuelle de 1.400 emplois». Au total, la fédération regroupe un réseau de 48 entreprises ou associations Envie. La première a été créée à Strasbourg en 1984. Le partenariat avec Eco-systèmes permet à Envie de capter 21.000 tonnes (t) de DEEE, dont 12% seront effectivement rénovés dans les ateliers de la fédération. Celle-ci ne s'occupe pas que de réemploi, mais aussi de la collecte en tant que telle des DEEE, puisqu'elle gère aussi une partie de la logistique. Elle figure d'ailleurs dans le top 3 des fournisseurs d'Eco-systèmes -après Sita et Derichebourg-, qui estime que l'économie solidaire compte pour 18% du marché du traitement et 26% de la logistique d'Eco-systèmes.

Mais le partenariat avec ce dernier, en même temps que le lancement de la filière DEEE, a fortement contribué au développement de l'emploi d'insertion. «Les personnes travaillant chez nous sont accueillies pendant 2 ans, sans pré-requis, explique Jean-Luc Tissier. Elles n'ont pas d'expérience professionnelle, pas de qualification, des problèmes de santé (alcool, drogue), pas le permis.» Au bout de 2 ans, 60% d'entre elles accèdent à un emploi ou à une formation dans le secteur de la logistique, du transport ou de la dépollution. «La filière des DEEE a permis d'élargir l'offre sociale.» Ce beau tableau pourrait être freiné, voire gâché, par les coupes budgétaires qui planent sur le secteur social. «Nous allons être obligés de mettre sur pause, prévoit Richard Debauve. Comme l'Etat ne peut pas ouvrir de nouvelles lignes financières pour l'insertion, cela risque de poser problème.» D'autant plus que le gisement de DEEE est évalué à 210.000 t pour 2008. «Nous ne ferons et ne prendrons que ce que nous sommes capables de faire», ajoute le président d'Envie, qui avoue avoir «trois entreprises en grande difficulté sur le réseau, qui ne parviennent pas à créer de postes.»

Yann Hervé, responsable du projet social d'Envie, rappelle que la fédération touche entre 7 et 8 millions d'euros pour accompagner les salariés en insertion, en paiement de la prestation sociale qui leur est proposée (formation, accompagnement social...) «Au vu du public que l'on reçoit, les aides de l'Etats sont de plus en plus insuffisantes: 9.681 euros par personne et par an. Ce chiffre n'a pas bougé depuis 1999, alors que le Smic, en valeur brute, a augmenté de 33%.» La fédération Envie aime à rappeler qu'elle n'en demeure pas moins «compétitive», qu'elle vend une large gamme de produits de bonne qualité –principalement dans les secteurs du froid et du lavage– et «qu'1 euro investi dans l'insertion en rapporte 3 à 4 à la collectivité».


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