La FDA veut rendre l’étiquetage des sucres ajoutés obligatoire

Le 05 mars 2014 par Romain Loury
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L’ajout de la quantité d’acides gras trans en 2006 a poussé les industriels à en limiter la teneur.
L’ajout de la quantité d’acides gras trans en 2006 a poussé les industriels à en limiter la teneur.
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La Food and Drug Administration (FDA) propose une révision de l’étiquetage nutritionnel sur les produits alimentaires, en y incluant notamment la quantité de sucres ajoutés, dans un règlement publié lundi 3 février au Federal Register et ouvert à consultation jusqu’au 2 juin.

Mis en place en 1993, le «Nutrition facts label» indique à ce jour la quantité totale de sucres, sans faire de distinction entre les sucres naturels, tels ceux présents dans les fruits et les laitages, et ceux ajoutés, dont le sirop de maïs à haute teneur en fructose. Or l’on sait assez quel est l’effet de ces derniers en matière de santé publique: diabète et obésité, mais aussi cancers, maladies cardiovasculaires, maladie d’Alzheimer, etc.

La mention des sucres ajoutés s’annonce comme l’une des principales nouveautés que la FDA souhaite intégrer à l’étiquetage nutritionnel, jusqu’alors restreint à la teneur en sucre total [1]. Comme un rappel que les Américains consomment trop de sucres ajoutés: ceux-ci équivalent en moyenne à 16% de l’apport calorique quotidien, alors qu’ils ne devraient pas dépasser 10%.

Si le Center for Science in the Public Interest (CSPI) se félicite de cette avancée, il regrette que la FDA n’aille pas plus loin. Selon l’association de consommateurs, l’agence devrait tout simplement indiquer ce que cette quantité de sucres ajoutés représente, en proportion, par rapport au maximum recommandé (25 grammes de sucres ajoutés par jour selon le CSPI).

Autre nouveauté importante, la portion de l’aliment -à laquelle se rapportent les indications nutritionnelles- ne sera plus celle à laquelle il est conseillé de se tenir, mais celle que les gens consomment en réalité. Visant à informer au mieux le consommateur, la mesure a aussi de quoi l’embrouiller, en générant une confusion entre portion «recommandée» et portion «réelle», souvent trop généreuse.

Vitamine D et potassium bientôt mentionnés

Signe des temps, les teneurs en vitamines A et C, passées de mode, seront remplacées par celles en vitamine D et en potassium. Pour la FDA, ces deux éléments font l’objet de fortes carences dans la population américaine, et des pays industriels en général, ce qui favorise le risque de plusieurs maladies chroniques. Quant aux vitamines A et C, rien n’empêchera les industriels de continuer à leur faire de la place sur l’étiquette.

La FDA va par ailleurs réviser plusieurs apports nutritionnels conseillés (sel, fibres et vitamine D), obligeant ainsi à recalculer pour ces éléments à quoi équivaut, en pourcentage, une portion du produit. Pour le sel, l’agence passe ainsi de 2.400 à 2.300 milligrammes de sodium par jour -la consommation moyenne est de 4.000 mg/jour aux Etats-Unis. Pour le CSPI, la FDA aurait pu descendre jusqu’à 1.500 mg de sodium, recommandé aux personnes de plus de 50 ans.

Selon l’agence, le dernier grand changement apporté à l’étiquetage nutritionnel remonte à 2006, avec l’ajout de la quantité d’acides gras trans. Une mention qui a poussé les industriels à en limiter la teneur, à tel point que la FDA en a proposé l’interdiction pure et simple, en novembre dernier (voir le JDSA) [2]. Un destin que l’on imagine difficilement pour les sucres ajoutés…

 

 

[1] Avec son règlement n°1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, l’UE ne va pas aussi loin: seule la quantité de sucres sera de mention obligatoire, pas celle de sucres ajoutés.

[2] En raison d’un nombre élevé de commentaires, ce projet a fait l’objet d’une extension de la période de consultation, jusqu’au 8 mars.

 

 



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