La FDA contre la contamination intentionnelle des aliments

Le 08 janvier 2014 par Romain Loury
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La contamination intentionnelle est (en partie) interdite.
La contamination intentionnelle est (en partie) interdite.
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La Food and Drug Administration (FDA) a publié, fin décembre, un nouveau règlement afin de prévenir la contamination délibérée de produits alimentaires, notamment celle à visée bioterroriste.

Ouvert aux commentaires publics jusqu’au 31 mars, ce texte publié dans le Federal Register est le 6e grand règlement prévu par le Food and Safety Modernization Act (FSMA), grande réforme du système américain de sécurité des aliments signé en janvier 2011 par Barack Obama (voir le JDSA).

Intitulé «Focused Mitigation Strategies to Protect Food Against Intentional Adulteration», il s’adresse à toutes les grandes entreprises agroalimentaires, américaines ou étrangères, leur demandant de mettre en place un plan de prévention de contamination délibérée de leurs produits. Et ce, qu’elle émane d’un employé mécontent, d’un concurrent ou d’un groupe terroriste, voire de l’entreprise elle-même.

«Selon ce règlement, une entreprise agroalimentaire devra disposer d’un plan écrit de défense de ses aliments, exposant ses principaux points vulnérables dans la chaîne de production. Elle devra mettre en place des stratégies de prévention en ces points, établir des procédures de surveillance et des actions correctives, vérifier que le système marche, et s’assurer que le personnel […] est formé de manière adéquate», résume la FDA dans un communiqué.

 

Des entreprises exemptées

 

Outre les «très petites entreprises» -celles dont les ventes annuelles ne dépassent pas 10 millions de dollars-, le règlement ne s’appliquera pas à celles impliquées dans le stockage des denrées alimentaires (à l’exception des produits sous forme liquide), dans l’emballage ou l’étiquetage (du moins tant que le contenant en contact avec l’aliment demeure intact), ou aux denrées destinées à l’alimentation animale.

Selon l’agence, le coût de ces mesures s’élèverait à 370 millions de dollars (272 M€) par an pour les entreprises concernées. Quant aux bénéfices espérés, que ce soit en termes économiques ou sanitaires, la FDA reconnaît qu’il est impossible de les quantifier à ce jour.

Les cas de contamination intentionnelle sont rares. Le plus connu demeure celui, en 2008, de ces entreprises chinoises ayant ajouté de la mélamine à leur lait afin d’en accroître la teneur protéique apparente –avec un bilan de 290.000 enfants malades et 6 décès en Chine.

Aux Etats-Unis, l’affaire la plus importante remonte à 1984: souhaitant faire gagner ses propres candidats lors d’élections locales dans l’Oregon, un groupe sectaire (le Mouvement Rajneesh) avait contaminé à la salmonelle 10 restaurants de la ville de The Dalles, rendant malades 751 personnes, dont 45 avaient été hospitalisées.



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