La FDA accorde un sursis au BPA

Le 04 avril 2012 par Romain Loury
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Campbell's devrait se passer de BPA sans attendre une interdiction.
Campbell's devrait se passer de BPA sans attendre une interdiction.

La Food and Drug Administration (FDA) a rejeté vendredi 30 mars une pétition visant à interdire la présence de bisphénol A dans les emballages alimentaires, au grand dam de plusieurs associations américaines.

La FDA «échoue à protéger notre santé et notre sécurité, malgré les études scientifiques qui continuent à montrer les effets à long terme du BPA, particulièrement chez les fœtus, les bébés et les jeunes enfants», a déploré Sarah Janssen, l’une des responsables de National Resources Defense Council (NRDC), dans un communiqué.

C’est en 2008 que l’association a adressé à la FDA sa pétition, visant à proscrire le BPA de tout contenant alimentaire, notamment les bouteilles en plastique et les revêtements intérieurs de cannettes et de boîtes de conserve [1]. Une demande face à laquelle l’agence a quelque peu pris son temps: en 2011, la NRDC a dû s’adresser à la justice, qui a fixé à l’agence un ultimatum au 31 mars 2012.

La réponse est tombée la veille, à savoir vendredi dernier. Si la FDA s’y engage à «continuer à étudier» le BPA, elle estime que «les éléments scientifiques disponibles à ce jour ne suggèrent pas que les très faibles niveaux d’exposition alimentaire soient nocifs».

«Nous prenons nos décisions sur la base d’une évaluation scrupuleuse d’études de bonne qualité, pas en fonction de simples allégations ou de croyances», ajoute le directeur de la sécurité des additifs alimentaires à la FDA, Dennis Keefe. Ce qui n’empêche pas l’agence de «soutenir les efforts industriels pour trouver des alternatives au BPA».

Pour la Nampa, association américaine regroupant les fabricants d’emballages métalliques, la FDA, en résistant à «la pression de groupes d’activistes», s’est comportée de manière «prudente». Bien au contraire, selon l’ONG Environmental Working Group (EWG), dont la vice-présidente Jane Houlihan estime que «la FDA et les lobbyistes de l’industrie chimique seront bientôt les derniers à défendre l’usage de cette hormone synthétique dans les emballages alimentaires».

Face aux craintes des consommateurs, plusieurs entreprises préfèrent spontanément s’orienter vers d’autres alternatives que le BPA, sans attendre une interdiction très hypothétique. Dernier en date -début mars-, le premier vendeur de soupes aux Etats-Unis, Campbell’s. Une annonce forte pour les adversaires du BPA, la soupe en conserve étant l’un des produits les plus imprégnés.

Comme l’Union européenne, 11 Etats américains, dont la Californie en 2011, ont décidé de bannir le BPA des biberons. La France a franchi l’étape supérieure en octobre dernier, avec un vote des députés en faveur de l’interdiction dans tous les contenants alimentaires à partir de 2014, dès 2013 pour ceux destinés aux enfants de moins de trois ans.

Au-delà des éventuels risques chez les jeunes enfants (malformations génitales, troubles neurologiques, etc.), plusieurs études ont suggéré une toxicité du BPA chez l’adulte, en termes de cancer (sein, prostate), d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de troubles de la reproduction.

 



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