La fausse sortie du charbon européenne

Le 20 décembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les centrales au charbon existantes pourront toujours être subventionnées via les marchés de capacité.
Les centrales au charbon existantes pourront toujours être subventionnées via les marchés de capacité.
RWE

 

L’Europe achève la révision des règles encadrant le marché communautaire de l’électricité. Les consommateurs s’y retrouveront peut-être. Pas le climat.

 

Le paquet Energie propre pour tous les Européens est enfin ficelé. Dans les premières heures de mercredi 19 décembre, les gouvernements et le Parlement européen se sont accordés sur les futures règles du marché communautaire de l’électricité. Le futur règlement, qui doit encore être officiellement validé par la Commission, le Parlement et le Conseil, réforme a minima le marché communautaire de l’électricité.

Plus de fluidité aux frontières

Il prévoit toutefois de réduire les contraintes planant encore sur les échanges transfrontaliers: «70% de l’électricité pourra franchir les frontières librement. Cela facilitera l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique», s’est réjouie la Commission.

Les consommateurs ne seront pas oubliés. Les nouvelles règles faciliteront le changement de fournisseurs (en 24 heures en 2026). Les compteurs communicants (Linky, en France) devront fournir des informations aux usagers leur permettant de maîtriser leur consommation, «à moins qu’une étude dans un Etat membre donné ne démontre que le coût est supérieur aux bénéfices».

TRV préservés

Sujet qui a nourri la chronique judiciaire française, ces dernières années, les tarifs régulés de vente d’électricité (TRV) sont confortés jusqu’en 2025. Cette année-là, la Commission devra présenter un rapport montrant les avantages et les inconvénients de cette régulation. Un bon point pour EDF.

C’est une phrase qui a fait s’enflammer les réseaux sociaux: «Plus aucune subvention d’Etat pour les centrales à charbon les plus polluantes». Nombre de twittos en ont déduit un peu vite que les exploitants de centrales carboniques ne pourraient plus subventionner leurs installations via les marchés de capacités. C’est vrai pour le principe. Mais le diable se cache dans les détails.

Procrastination charbonnière

Cette règle ne s’applique dans l’immédiat qu’aux centrales qui seront construites. Il faudra attendre 2025 pour que cette mesure frappe les centrales en service. Enfin pas toutes: car les «contrats de capacités signé avant le 31 décembre 2019 ne seront pas concernés par les nouvelles règles», précise la Commission. Le lobbying de la Pologne s’est révélé efficace.

Depuis février, tous les producteurs d’énergie en Pologne ont signé des contrats d’approvisionnement dans le cadre du mécanisme de capacité du pays. La Commission a validé le système polonais en début d’année, dans le cadre d’une série de décisions sur les aides d’Etat, ce qui a permis d’ouvrir la voie à l’accord du 19 décembre, indique Euractiv.

«C’est un pas vers l’ère du renouvelable, qui reste insuffisant pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris», résume l’eurodéputé vert Florent Marcellesi.

 

Dans un courrier publié par le Financial Times, une cinquantaine d’investisseurs institutionnels (ayant 11.000 milliards de dollars –9.614 Md€– d’actifs sous gestion) appellent les énergéticiens à sortir du charbon d’ici à 2030. Ils devront aussi, demandent leurs actionnaires, montrer comment ils entendent respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

 



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