La fausse sortie d’Engie du charbon

Le 15 octobre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Sainte Barbe veille toujours sur le charbon français.
Sainte Barbe veille toujours sur le charbon français.
VLDT

Les énergéticiens français ont bien du mal à abandonner totalement King Coal.

A l’approche du sommet climatique de Paris, les annonces se suivent et se ressemblent. Mercredi 14 octobre, brûlant la politesse à ses dirigeants, la ministre chargée de l’énergie a annoncé, sur les ondes de BFM TV et de RMC, qu’Engie allait arrêter d’investir dans le charbon. «C’est terminé, ils se sont engagés à arrêter les investissements dans le charbon», a indiqué Ségolène Royal. Interrogé par Le Figaro, Gérard Mestrallet, le PDG du groupe, n’a pas totalement confirmé les propos de la locataire de l’Hôtel de Roquelaure. L’énergéticien franco-belge ne donnera pas suite aux projets de centrales à charbon. Mais il construira bien celles pour lesquelles un engagement est pris.

10% de la production française d’électricité

Après avoir renoncé à construire la centrale sud-africaine de Thabametsi (600 mégawatts), Engie abandonne son projet turc d’Ada Yumurtalik (1.320 MW). En revanche, le groupe dont l’Etat français détient toujours 37% du capital mènera à bien la réalisation des centrales de 4 centrales au Maroc, au Brésil, en Inde et au Chili, pour une puissance totale installée supérieure à 2.700 MW. Engie poursuivra en outre l’exploitation de son parc «charbon»: une trentaine d’installations, qui produisent au total une cinquantaine de térawattheures par an, soit l’équivalent de 10% de la production française d’électricité. Bon an mal an, les centrales thermiques de l’ex-GDF Suez rejettent une cinquantaine de millions de tonnes de CO2 chaque année dans l’atmosphère.

EDF investit 510 millions d’euros dans le charbon

Son grand concurrent, EDF, n’a pas totalement défini sa stratégie charbonnière. Dans l’Hexagone, l’électricien historique français a mis à l’arrêt définitif 7 de ses 10 centrales au charbon: il aurait été trop coûteux de les mettre aux normes de la directive sur les grandes installations de combustion. Pour les trois autres tranches (les deux de Cordemais et celle du Havre), EDF investit 510 millions d’euros pour allonger leur durée de vie jusqu’en 2035. A l’étranger, le groupe dirigé par Jean-Bernard Levy a engagé une réflexion sur l’avenir des centrales et des activités de commercialisation de charbon. La réalisation de la centrale, de technologie ultra super critique, à Datang (Chine) ne semble pas remise en cause.

En août dernier, Total avait annoncé la cession de ses mines de charbon sud-africaines et l’arrêt progressif de la commercialisation de charbon. Le pétrogazier français poursuivra, en revanche, son projet de production d’oléfine à partir de charbon dans la province chinoise de Mongolie intérieure.



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