La face meurtrière de la société de consommation

Le 24 juillet 2018 par Stéphanie Senet
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Hernan Bedoya est l'un des 207 défenseurs de l'environnement tués l'an dernier
Hernan Bedoya est l'un des 207 défenseurs de l'environnement tués l'an dernier

Avec 207 morts dans le monde, l’année 2017 a été la plus meurtrière pour les militants environnementaux, selon le rapport publié ce 24 juillet par l’ONG Global Witness. Un grand nombre d’entre eux s’opposaient à des projets miniers, forestiers ou agro-industriels, destinés, in fine, à la fabrication de produits de consommation.

 

 

Rien n’arrête les meurtriers des défenseurs de l’environnement. L’an passé, 207 militants écologistes ont payé de leur vie leur engagement, soit 7 de plus qu’en 2016, souligne l’ONG. Parallèlement, de nombreux activistes sont exposés à des menaces de mort, interpellations, poursuites, cyberattaques, violences sexuelles, et disparitions.

 

L’Amérique latine la plus sanglante

Région de toutes les violences, l’Amérique latine détient le record du nombre de tués, avec 60% des victimes. Au Brésil, en particulier, 57 personnes ont trouvé la mort l’an dernier, la grande majorité pour avoir cherché à protéger l’Amazonie. Du jamais vu dans aucun pays. L’écologie paie un lourd tribu en Colombie et au Mexique qui déplorent respectivement 24 et 15 personnes tuées.

Victime symbolique de cette violence, Hernan Bedoya a été tué de 14 tirs par les membres d’un groupe paramilitaire. Le Colombien s’opposait à la culture de palmiers à huile et de bananiers sur les terres de sa communauté.

En Asie, le pays le plus dangereux pour les défenseurs de l’environnement restent les Philippines, avec 48 décès l’an dernier.  L’Afrique a pour sa part enregistré 19 morts, dont 17 liées à des affaires de braconnage ou d’activités minières illégales ;  plus de 60% des assassinats ont été perpétrés en République démocratique du Congo.

 

Agrobusiness meurtrier

Pour la première fois, c’est la lutte contre les projets de l’agro-business qui occasionne le plus grand nombre de victimes (46 morts), devant l’opposition aux projets d’extraction minière (40). Un chiffre qui a plus que doublé par rapport à 2016. Ces militants s’opposaient à des plantations de palmiers à huile, de caféiers, de fruits tropicaux, de canne à sucre, et à des gigantesques élevages de bétail, selon Global Witness.

Viennent ensuite les meurtres liés à l’abattage de forêts (26 morts), et à la protection des animaux contre les braconniers (23 morts).

Pour l’organisation basée à Londres, la recrudescence de cette violence est liée à notre demande de produits de consommation courante. «Agrobusiness, mines, braconnage et abattage forestier alimentent en composants et ingrédients les rayons de nos supermarchés, qu’il s’agisse de l’huile de palme pour les shampoings, du soja pour le bœuf ou du bois pour nos meubles», écrit l’ONG, qui appelle les gouvernements et les entreprises à agir. Sur ce plan, de maigres progrès ont été enregistrés par rapport à l’an dernier avec quelques lois protectrices adoptées au Burkina Faso et au Mali seulement. Personne n’a été traduit en justice.

 

 

 

 

 

 



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