La face cachée des entreprises agroalimentaires

Le 27 février 2013 par Stéphanie Senet
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Oxfam a remonté la chaîne des pratiques de l'agroalimentaire
Oxfam a remonté la chaîne des pratiques de l'agroalimentaire
Oxfam

L’ONG britannique Oxfam a décidé de passer au crible les pratiques sociales et environnementales des 10 géants mondiaux de l’agroalimentaire. Le résultat, publié le 26 février, montre que malgré un chiffre d’affaires global d’un milliard de dollars par jour (763 M€), ces entreprises négligent les droits de millions de salariés dans les pays en développement, participent largement au développement de l’accaparement des terres et ne réduisent ni leur consommation d’eau ni leurs émissions de gaz à effet de serre.

Quelles sont les garanties pour les droits des travailleurs et des agriculteurs qui cultivent les matières premières? Quelles mesures de protection des droits des femmes? Quelle gestion des ressources foncières et hydriques? Quelle prise en compte du changement climatique? Quelle transparence des chaînes d’approvisionnement? Plus largement, quelle est la politique sociale et environnementale de l’entreprise? L’ONG a retenu 7 critères d’évaluation, qu’elle a appliqués à Associated British Foods (ABF), Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg’s, Mars, Mondelez, Nestlé, Pepsico et Unilever.

Le bilan s’avère désastreux. Aucune entreprise n’a pris des mesures pour mettre fin à la discrimination des femmes dans les chaînes d’approvisionnement, alors que certaines prétendent le contraire. Aucune politique n’a été mise en place pour limiter l’accaparement des terres et des ressources en eau.

Oxfam ajoute que toutes les entreprises restent largement opaques quant à leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui rend leurs déclarations en faveur du développement durable difficiles à vérifier. Seuls Nestlé et Unilever indiquent les pays dans lesquels ils s’approvisionnent mais aucune information ne filtre sur les fournisseurs.

En matière de consommation d’eau, les résultats ne sont guère meilleurs. Pepsi a seulement reconnu l’accès à l’eau comme un droit fondamental et s’engage à consulter les communautés locales. Nestlé arrive en tête des bonnes pratiques en ayant élaboré des directives précises sur la gestion de l’eau à l’intention de ses fournisseurs.

Si les 10 géants ont tous assuré qu’ils allaient limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, seuls 5 d’entre eux (Mondelez, Danone, Unilever, Coca-Cola et Mars) rendent des comptes sur les émissions liées aux activités agricoles. Aucune entreprise n’a par ailleurs mis en place de politique pour aider les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques. Enfin, aucune ne s’est non plus engagée à payer un prix équitable aux paysans pour leur production.



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