La Drire Champagne-Ardenne veut aider les fondeurs

Le 07 septembre 2005 par Claire Avignon
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fonderie
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La Drire Champagne-Ardennes met actuellement en place un plan de progrès pour les fondeurs des Ardennes et de la Haute-Marne. Objectif: diminuer les impacts environnementaux de l'industrie tout en améliorant sa compétitivité.

Depuis plusieurs années, les relations entre les fondeurs ardennais (une vingtaine d'entreprises) et la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) Champagnes-Ardennes étaient plutôt tendues. Au début des années 2000, les fondeurs ont dû se mettre en conformité avec une législation environnementale rendue plus dure par l'arrêté dit intégré du 2 février 1998. Comme dans la Haute-Marne, la plupart des fondeurs des Ardennes ont changé leur four et installé des filtres, afin de diminuer leurs rejets de composés métalliques (zinc, fer, cuivre, plomb, etc.). Ces modifications importantes ont alors obligé les fondeurs à établir un nouveau dossier de demande d'autorisation complet avec étude d'impact, de danger et lettre de demande. Un travail lourd et cher (de 20.000 à 30.000 euros) qui devrait aboutir à la publication de nouveaux arrêtés préfectoraux d'ici le début de l'année 2006.

«Après l'affaire Métal Blanc (1), nous avons dû nous assurer que les riverains des fondeurs n'étaient exposés à aucun risque sanitaire», justifie Nicolas Fourrier, de la Drire Champagne-Ardennes. «Les dernières années ont été assez compliquées entre la Drire et les fondeurs, explique de son côté Bernard Collet, secrétaire général de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) des Ardennes. De nouvelles obligations nous arrivaient tous les jours. La Drire a été très dure.»

Aujourd'hui, le plan de progrès des fondeurs ardennais sonne comme le début d'un nouveau dialogue. «Après avoir obtenu, à grande peine, une mise à niveau des fonderies, nous avons voulu continuer dans la même dynamique en proposant aux industriels d'aller plus loin que la réglementation», indique Nicolas Fourrier. Cette démarche de développement durable n'a pas tout de suite été acceptée par les intéressés, au contraire de leurs collègues de la Haute-Marne chez qui le même projet a été rapidement mis en place. Une réticence qui s'explique en partie par le fait que les fondeurs ont vu ce plan comme de nouvelles contraintes réglementaires. «La Drire a 2 missions distinctes: contrôler les installations et accompagner les entreprises dans une démarche de développement durable, ce qui peut porter à confusion», note Nicolas Fourrier.

Au final, grâce à la force de conviction du préfet et de l'UIMM, les trois quarts des fondeurs ardennais ont accepté de faire partie du plan de progrès. Et les quelques réticents n'ont pas encore refusé définitivement. Avec un budget de 134.000 euros, financé pour moitié par l'Etat et pour moitié par le conseil régional, le plan comprend une phase de diagnostic environnemental, économique et social d'environ 18 mois, avec l'embauche d'un chargé de mission. Ensuite viendra l'étape de la réalisation du plan de progrès à partir de 2007. Ils 'agira notamment d'acquérir des technologies moins énergivores, d'investir des marchés moins concurrencés par les pays de l'Est et d'améliorer la synergie entre les différents fondeurs, mais aussi d'établir un dialogue plus serein avec la Drire.



(1) Métal Blanc est une usine de recyclage de batteries située à Bourg-Fidèle (Ardennes) qui a été condamnée à 100.000 euros d'amende et 577.000 euros de dommages et intérêts pour avoir rejeté du plomb en quantités importantes entre 1996 et 1999. De nombreux cas de maladie chez les travailleurs et les enfants ont été détectés.




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