La DLC victime du marketing

Le 14 mai 2014 par Romain Loury
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La DLC, un outil marketing?
La DLC, un outil marketing?
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Les dates limites de consommation (DLC) n’ont que peu de rapport avec la sécurité microbiologique du produit, ce qui favorise le gaspillage, démontre une expérience menée sur 10 produits par l’UFC-Que Choisir.

Chaque année, les Français jettent en moyenne 20 kilogrammes de nourriture, dont 7 kg de produits jamais déballés, rappelle l’association dans le numéro de mai du magazine Que Choisir. Selon elle, la date de limite de consommation (DLC) et la date limite d’utilisation optimale (DLUO) des aliments n’y seraient pas tout à fait étrangères [1].

Pour l’association de consommateurs, ces deux valeurs seraient «raccourcies à l’excès pour de pures raisons de marketing», afin de préserver l’idée du «produit frais». «Sauf cas particuliers (lait cru ou lait frais par exemple), aucun texte n’impose un délai précis entre fabrication et DLC ou DLUO. C’est le fabricant qui décide, sachant qu’il est responsable de la salubrité de son produit pendant toute sa durée de vie», rappelle l’UFC-Que Choisir.

Des yaourts «périmés» largement consommables

Celle-ci a mené l’expérience sur 10 produits divers et de marque non précisée, dont elle a mesuré la qualité microbiologique après la DLC. Résultat: le yaourt nature et celui aux fruits étaient encore de «très bonne qualité» trois semaines après cette date, de même que le saumon fumé et la mousse de foie après une semaine. Seul le jambon cuit supérieur et le poulet subissaient une dégradation rapide après la DLC.

Mêmes résultats avec 6 produits dont l’emballage indique un délai de consommation après ouverture. L’emmental râpé demeure ainsi de «très bonne qualité microbiologique» 14 jours après son ouverture, alors que le fabricant conseille de ne pas dépasser 6 jours.

Afin de réduire le gaspillage alimentaire, l’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics «d’encadrer la définition des DLC, de manière que celles-ci soient établies exclusivement sur la base de critères sanitaires», et de «rendre plus explicite aux yeux des consommateurs la différence entre DLC et DLUO en modifiant les mentions précédant ces deux dates».

[1] La DLC est précédée de la mention «à consommer avant», la DLUO de la mention «à consommer de préférence avant».



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