La distanciation oui, mais pas dans les avions

Le 13 mai 2020 par Victor Miget
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Les avions se passeront de distanciation sociale, contrairement aux transports publics.
Les avions se passeront de distanciation sociale, contrairement aux transports publics.

Le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a confirmé que les règles de distanciation physique ne s’appliqueraient pas dans les avions. Il a cependant enjoint la compagnie nationale Air France à optimiser son taux de remplissage.  

 

Depuis le 11 mai, les masques sont de rigueur dans les avions. Mais pas la distanciation physique, contrairement à ce qui s’applique dans les transports publics terrestres. C’est ce qu’a confirmé le secrétaire d‘Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari sur LCI dimanche 10 mai.

Deux-vitesses. TGV, TER et intercités embarquent aussi des systèmes de filtrage de l’air performants. Alors pourquoi appliquer la distanciation dans les trains, alors qu’un TGV a besoin d'être rempli aux deux tiers pour être rentable. Le porte-parole d’Air France avance un début de réponse: «Dans un avion vous faites face à un siège, pas à un autre client. Ce qui diminue les risques de contamination lorsque l’on tousse». A condition de ne pas tourner la tête en toussant.

Limiter la casse

Cette décision satisfait les dirigeants des compagnies aériennes. Ces derniers craignaient que soit imposée dans les airs la distanciation sociale, redoutant un impact économique s'ajoutant à celui occasionné par la crise sanitaire. Ryanair avait menacé de laisser ses avions au sol si la compagnie était contrainte de ne vendre qu’un siège sur deux. Selon l’Association internationale du transport aérien (AITA), cette mesure obligerait les compagnies, à augmenter de 43 à 54% le prix des billets. Pas idéal pour relancer l'activité. 

Jean-Baptiste Djebarri a néanmoins demandé à Air France «d’avoir le taux de remplissage le plus maîtrisé possible». Relativement simple dans l’immédiat. «Sur la plupart de nos vols la distanciation est appliquée de facto, car nous avons des taux de remplissage d’environ 40% pour le moment», explique un porte-parole de la compagnie nationale. 

Rassurer les passagers

Pour le transporteur, l'objectif n'est pas (encore) la rentabilité. «Aujourd’hui la priorité c’est de rassurer nos clients, pour qu’ils envisagent sereinement leur voyage». Le seront-ils seulement? Depuis lundi 11 mai, la compagnie tricolore déploie un dispositif de contrôle au départ de ses vols. Un passager ayant une température supérieure à 38°C pourra se voir refuser l’embarquement. Sa réservation sera modifiée pour un départ ultérieur.

Comme le stipule l’obligation gouvernementale, le port du masque est donc obligatoire. Les procédures de nettoyage des avions, elles, ont été renforcées avec la désinfection après chaque voyage des surfaces à risque tels les accoudoirs, les tablettes ou les écrans. Ainsi que la mise en place d‘une procédure de désinfection des avions «périodique par pulvérisation d'un produit virucide homologué dont la durée d'efficacité est établie pour dix jours», développe un communiqué de la compagnie.

Air France rappelle que l’air est aussi régulièrement renouvelé dans ses appareils. Et ce avec des filtres «High Efficiency Particulate Air», identiques à ceux utilisés dans les blocs opératoires.