La disparition du poisson n’est pas une fatalité

Le 18 mai 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le programme des Nations unies pour l’environnement recommande de changer l’affectation des subventions pour créer un secteur de la pêche durable.

 

Ce n’est pas un scoop ! A coup de surexploitation et de mauvaise gestion des stocks, le poisson se fait de plus en plus rare. Dans son dernier rapport sur l’état de la biodiversité (1), le programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) n’y va pas par 4 chemins. « Environ 80 % des stocks mondiaux de poissons marins pour lesquels on dispose d’informations quantitatives sont totalement exploite?s ou surexploite?s. Les stocks de poissons e?value?s depuis 1977 ont vu leur biomasse totale baisser de 11 % a? l’e?chelle mondiale, avec des variations re?gionales importantes. La taille moyenne maximale des poissons capture?s a baisse? de 22 % depuis 1959, a? l’e?chelle mondiale et pour l’ensemble des communaute?s e?value?es. On a aussi observe? une hausse de l’effondrement des stocks de poisson au cours du temps ; en 2007, 14 % des stocks e?value?s s’e?taient effondre?s. »

 

A croire que l’activité pêche est condamnée et qu’elle n’intéresse plus grand monde. Erreur. Dans le même document, les experts du Pnue rappellent quelques données fondamentales. « Les pe?cheries emploient environ 200 millions de personnes dans le monde, repre?sentent environ 16 % des apports prote?iques a? l’e?chelle mondiale ». Last but not least, leur chiffre d’affaires annuel tourne autour de 82 milliards de dollars (66,5 milliards d’euros). L’affaire est donc loin d’être négligeable.

 

C’est aussi ce que soutient un autre pré-rapport de l’institution onusienne. Dans le cadre de la réunion du comité préparatoire au sommet Rio +20, le Pnue a présenté, lundi 17 mai à New York, l'aperçu du rapport « Green Economy », dont la version complète sera rendue publique à la fin de l’année. Dans cette partie, les rapporteurs expliquent que la désertification des mers n’est pas une fatalité. Selon le Pnue, il est possible non seulement d’éviter l’effondrement des populations de poissons exploitées, mais surtout de préserver à moyen et long terme une activité de pêche durable. En injectant chaque année 8 milliards de dollars dans la restructuration du secteur, les experts onusiens estiment possible de maintenir une production halieutique de 112 millions de tonnes par an (contre 95 Mt en 2006).

 

Devant être conduit sur une quarantaine d’année, cet investissement n’est pas hors de portée. La ressource financière peut être facilement trouvée en réorientant une partie des 27 milliards de dollars de subventions allouées chaque année au secteur. Cette réorientation pourrait notamment servir à réduire la flotte mondiale de bateaux de pêche. Celle-ci atteint désormais plus de 1,3 million de bateaux, contre 600.000 en 1970.

 

Le Pnue suggère aussi de réformer la gestion des pêcheries et de généraliser certaines pratiques, comme les quotas négociables. L’ONU milite également pour le développement des aires marines protégées, afin d’empêcher l’épuisement des stocks, et de leur permettre de récupérer et de développer à nouveau. Selon une estimation conduite par le biologiste français Daniel Pauly, ces aires représentent actuellement 0,8 % de la surface de l’océan mondial.

 



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