La diplomatie climatique américaine est à Paris

Le 22 mai 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Todd Stern: «J’espère un accord ambitieux mais basé sur les réalités.»
Todd Stern: «J’espère un accord ambitieux mais basé sur les réalités.»
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Bien connu dans le monde des négociateurs du climat, Todd Stern n’est pas une star de l’écologie mondiale aisément médiatisable. C’est peut-être ce qui a manqué à l'envoyé spécial des Etats-Unis sur le changement climatique pour rencontrer des personnalités françaises de premier plan, à l’instar de la ministre de l’écologie.

Le diplomate américain était pourtant venu à Paris pour prendre langue avec la nouvelle administration française. Il aura tout de même pu se consoler en rencontrant des chefs d’entreprises français, mais aussi Laurence Tubiana, nouvelle représentante spéciale du ministre des affaires étrangères pour la préparation du sommet climatique de Paris, la COP 21.

De l'huile dans les rouages

Avare de confidences, Todd Stern a néanmoins accepté de recevoir quelques journalistes, ce jeudi 22 mai, dans les locaux de l’ambassade américaine à Paris. Comme à son habitude, l’ancien négociateur du protocole de Kyoto a rappelé tous les efforts réalisés par les états-Unis pour réduire leur empreinte carbone: normes  d’efficacité énergétique des véhicules terrestres et des bâtiments, projets de régulation sur les émissions des centrales thermiques. Ce dernier texte devrait être officiellement présenté le 2 juin.

Souvent présentés comme empêcheurs de négocier en rond, les états-Unis mettent pourtant de l’huile dans les rouages de la diplomatie carbonique, a insisté Todd Stern. Par exemple, en menant moult discussions avec les dirigeants chinois. Conséquence ou coïncidence, ces derniers ont récemment ouvert, fait-il remarquer, une demi-douzaine de marchés du carbone, avec la perspective de les fédérer en un système national d’échange de quotas d’émissions.

Faux naïf

Intarissable sur l’histoire des tractations climatiques, le diplomate (qui prend des leçons de français en préparation de la COP 21) devient d’une grande discrétion lorsque l’on évoque le cours actuel des discussions. A quelques semaines de l’organisation, à Paris, d’un forum des économies majeures, il préfère évoquer les perspectives ouvertes par le sommet climatique de l’ONU, en septembre, ou de la COP de 2015.

Même s’il avoue ne pas très bien savoir «quel en est le but», Todd Stern espère que le sommet onusien sera une sorte de «show case» qui permettra aux pays qui le veulent de présenter l’essentiel de leur stratégie climatique post 2020. Le lecteur aura rectifié de lui-même: Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a très clairement demandé aux pays ayant ratifié la convention Climat de présenter, en septembre prochain à New York, une esquisse de ce que pourrait contenir l’accord climatique de Paris.

Faux naïf, Todd Stern se veut optimiste quant à la conclusion d’un accord universel en décembre 2015 à Paris. «J’espère un accord ambitieux mais basé sur les réalités», confie-t-il. Dit autrement: «Ce ne sera pas un accord parfait».

 



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