La démarche environnementale d'un distributeur suisse

Le 27 décembre 2004 par Daniel Borja, pour Enerpresse
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En charge de l’approvisionnement en énergie et en chaleur du canton de Genève, les Services industriels de Genève (SIG) mènent depuis plusieurs années une politique innovante et volontariste pour promouvoir les sources renouvelables. Avec pour objectif de démontrer que de telles énergies ne sont pas aussi onéreuses qu’on l’imagine, en particulier grâce à des efforts de gestion pour les rendre plus compétitives et en faire bénéficier ses clients.

Fondée en 1931, SIG est une entreprise autonome de droit public, dont le capital est réparti entre l'Etat de Genève (55%), la ville de Genève (30 %) et les communes genevoises (15 %). En avril 2002, SIG a introduit une tarification incitant le client à consommer de l'électricité d'origine renouvelable. Trois formules «SIG vitale» ont alors été imaginées, symbolisées chacune par une couleur. La première (bleue) correspond à une fourniture d'électricité issue à 100% des barrages hydro-électriques. Elle constitue en fait la référence du réseau, l'électricité étant produite à partir des trois barrages de Verbois, Seujet et Chancy-Pougny. La deuxième (jaune) garantit au client l'approvisionnement avec une électricité produite sur le canton de Genève. Elle a pour vocation de contribuer à la valorisation du patrimoine local et des emplois qui y sont associés, provenant de Chancy-Pougny et de l'usine de traitement des déchets de Cheneviers. La troisième (verte) est produite intégralement à partir de sources renouvelables  et, outre l'hydraulique, incorpore une part croissante de nouvelles énergies: au moins 2,5% d'énergie photovoltaïque, éolienne et de biomasse. Sur chaque kilowatt/heure vendu, le producteur/distributeur reverse 1 centime de franc suisse (1 CHF correspond à environ 0,65 euro) à un fonds dénommé SIG-NER, dédié au développement des nouvelles énergies renouvelables, et encore 0,01 CHF à un fonds «Eco-électricité».

A ce jour, plus de 85% des clients sont raccordés et alimentés selon un contrat correspondant à l'une de ces trois formules, dont les dirigeants de SIG insistent sur la traçabilité, grâce à des procédures de certification par des organismes extérieurs. Dans la pratique, un client n'ayant exprimé aucun souhait particulier se voit automatiquement attribuer un contrat bleu. A l'inverse, les contrats jaune et vert qui doivent être expressément demandés par leurs titulaires, sont affectés d'un surcoût respectif de 2 et de 7 cts/kWh. Ce qui correspond, dans ce dernier cas de figure, à 21 CHS (13,65 euros) par mois pour une famille, selon les estimations de SIG. Pour la compagnie, la preuve est apportée que «les énergies renouvelables ne sont pas aussi onéreuses qu'on l'imagine. «En très grande majorité, les Genevois se sont prononcés pour être alimentés par une énergie certifiée renouvelable», s'est ainsi réjoui Raymond Battistella, directeur général de SIG, lors du congrès organisé fin novembre à Genève par la Fedre, la Fondation européenne pour le développement durable des régions. Et si les formules de contrat jaune et vert demeurent minoritaires, elles ne sont pas boudées pour autant par les consommateurs: «Les achats du produit le plus cher ont été multipliés par quatre», affirme Raymond Battistella, «même si cela coûte jusqu'à 20% de plus!»

Quant aux clients jusqu'ici hors «Vitale», ils doivent en exprimer explicitement la demande. Leur électricité pourra alors provenir de sources non renouvelables. A l'instar des adeptes de la formule «100 % hydraulique», ils bénéficient eux aussi d'un rabais par rapport à l'ancienne grille de tarifs, mais de seulement 0,3 ct/kWh. Cette situation devrait cependant bientôt évoluer avec l'apparition d'une offre complémentaire des trois autres. Elle permettra d'associer les énergies renouvelables existantes à la production d'électricité à partir d'installations thermiques à très haut rendement, fonctionnant au gaz naturel. Un tel contrat sera lui aussi labellisé.

Christian Brunier a par ailleurs confirmé devant la presse l'arrêt au 1er octobre des contrats de fourniture d'électricité liés à des centrales nucléaires. Celles-ci assuraient il y a encore deux ans le tiers de la consommation du canton de Genève. Selon lui, il serait déjà possible d'approvisionner la totalité du canton avec de l'électricité d'origine renouvelable grâce au potentiel hydroélectrique de la région. Mais Christian Brunier reconnaît que «si tous les clients optaient pour «Vitale vert», là, nous aurions quelques difficultés!»




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