La dégradation de l’environnement est une menace pour les Etats-Unis

Le 23 septembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'émergence de la piraterie somalie serait imputable à la chute des stocks de poissons.
L'émergence de la piraterie somalie serait imputable à la chute des stocks de poissons.

Deux officiers américains ont rappelé, mercredi, à quelques congressmen que la préservation de l’environnement devait être une priorité stratégique.

 

Les conséquences de l’appauvrissement de la biodiversité, de la diminution des ressources naturelles, de la disparition progressive des milieux, ne posent pas seulement un problème écologique ou moral. C’est aussi une question de sécurité nationale. Tel est, en substance, le message délivré, mercredi 22 septembre, par deux officiers à une brochette de députés américains, démocrates et républicains.

 

Invité vedette d’un « briefing parlementaire », le général Anthony Zinni a rappelé que les pays dont l’environnement est fortement dégradé sont fragiles… et nombreux. A ce double titre, ils constituent des points de départ possibles de crises régionales, voire internationales. Et l’ancien commandant en chef des troupes américaines au Moyen-Orient de constater que l’un des moteurs de la piraterie maritime en Somalie est l’effondrement des stocks de poissons dans le golfe d’Aden et le nord-ouest de l’Océan indien. Bon connaisseur de la région, l’ancien Marines rappelle aussi que l’une des causes de l’agitation au Yémen est le manque d’eau et de pétrole. Pour ce général, déjà auteur d’un rapport sur les conséquences stratégiques des changements climatiques, la crise politique qui secoue le Pakistan plonge ses racines dans la pollution de l’eau et ses conséquences agricoles et sanitaires.  

 

Inquiétant, ce discours a pourtant été relayé et complété par le lieutenant-colonel Shannon Beebe. Spécialiste des questions africaines, l’auteur de « The Ultimate Weapon is No Weapon » souligne que les Etats-Unis, grand consommateur de ressources et d’espaces naturels ne sont pas à l’abri d’évolutions similaires à celles décrites par Anthony Zinni. Pour n’avoir pas intégré la dimension environnementale dans son urbanisation, la Nouvelle-Orléans a été pratiquement rasée par le cyclone Katrina, indique-t-il.

 

Parce qu’elle dépend, dans nombre de secteurs, de ressources étrangères, l’économie de l’hyperpuissance se révèle, elle aussi, d’une grande fragilité, martèlent les deux officiers. Cité comme référence par les deux officiers, un rapport du Center for a New American Security (CNAS), un think tank spécialisé dans les questions de défense, souligne que les Etats-Unis sont totalement dépendants d’un nombre très réduit de pays — la Chine notamment — pour leurs approvisionnements en manganèse (aciers, alliages métalliques, batteries électriques), en terres rares (convertisseurs catalytiques, alliages métalliques, céramiques, écrans de télévision, radars) et en indium (composants électriques, semi-conducteurs). Sans parler du pétrole.

De là à engager Washington sur les rails d’une économie durable, il n’y a qu’un pas que les deux militaires n’ont pas franchi. Bien conscients qu’il s’agit là, non plus d’une affaire d’experts, mais d’un sujet hautement politique.

 



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