La déforestation s’accélère au Cambodge

Le 30 juillet 2015 par Stéphanie Senet
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La forêt, première victime des concessions foncières
La forêt, première victime des concessions foncières

Au Cambodge, les forêts disparaissent à un rythme sans précédent, révèle un rapport de l’ONG Forest Trends publié le 29 juillet.

 

Fin 2013, 14% de la superficie du Cambodge (2,6 millions d’hectares) a été affecté à des concessions foncières économiques pour les plantations des grands groupes agro-industriels nationaux et étrangers.

1,1 million d’hectares ont été accordés à des prétendues plantations d’hévéas, contre 150.000 ha pour le sucre et 100.000 ha pour le papier. En fait, les hévéas ne sont jamais plantés mais une partie de la forêt est détruite. En moyenne, 2.000 kilomètres carrés de forêt disparaissent ainsi chaque année.

 

Nouveau pic de déforestation

 

La déforestation n’est pas nouvelle au Cambodge. Dans les années 1990, Phnom Penh accordait tant de concessions forestières que le pays a enregistré en 2005 le troisième taux de déforestation le plus fort au monde. 29% de sa forêt primaire avait disparu entre 2000 et 2005.

Face aux critiques de la communauté internationale, le gouvernement a été forcé d’annoncer qu’il limiterait les concessions. Mais en réalité, les associations écologistes estiment que la déforestation s’est poursuivie par d’autres moyens. Le bois prélevé est principalement exporté vers le Vietnam et la Chine.

Le rapport de Forest Trends montre aussi que les émissions de CO2 provenant des zones de concessions de conifères s’avèrent 10 fois supérieures aux émissions provenant de l’extérieur, preuve que la déforestation touche les arbres les plus anciens et les plus précieux pour le climat.

 

Le groupe Bolloré assigné en France

 

De nombreuses concessions sont aussi accordées à des entreprises européennes, parfois au mépris des communautés locales. Le groupe Bolloré a ainsi été assigné en justice par des paysans vivant à la frontière avec le Vietnam, selon le Monde. En 2008, la terre des Bunong a été concédée, sans consultation, à Socfin-FCD, détenue à 38% par le groupe de Vincent Bolloré, pour une vaste plantation d’hévéas de près de 7.000 ha. S’estimant spoliés, les Bunong ont assigné l’entreprise devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour récupérer leur bien.

 



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