La Défense s’attaque à l’écologie

Le 09 septembre 2009 par Sonia Pignet
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Sissonne
Sissonne

Premier ministère à établir un rapport Développement durable, le ministère chargé de la défense vient également de signer une convention de partenariat avec la fédération des conservatoires des espaces naturels pour la gestion écologique des terrains militaires.

Il n’est pas courant de voir ensemble le ministre de la défense Hervé Morin et la secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno lors d’un déplacement officiel. Jeudi 3 décembre, ils se sont pourtant retrouvés sur le camp militaire de Sissonne (Aisne) pour annoncer la publication du rapport Développement durable du ministère de la défense, premier ministère français à le faire. «On espère que le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer sera le prochain», a indiqué Chantal Jouanno qui a salué «l’exemplarité du ministère de la défense».

Avec 250.000 hectares utilisés pour l’entrainement des forces armées, ce ministère est le premier propriétaire foncier de France. Les terrains militaires ayant échappé à l’urbanisation, l’industrialisation et certains modes d’agriculture intensive, ils présentent souvent un intérêt faunistique et floristique. Ainsi, 20% de ces espaces sont classés dans le réseau Natura 2000 et 25 accords de gestion écologique ont déjà été signés. Parmi eux, 6 conventions de partenariat ont été conclues entre les Conservatoires régionaux d’espaces naturels (Cren) et différents camps militaires depuis les années 1980. «Aujourd’hui, la convention-cadre entre le ministère et la fédération des Conservatoires d’espaces naturels doit nous permettre d’aller plus loin, plus vite, pour promouvoir la protection de la biodiversité sur les terrains militaires», a expliqué Hervé Morin lors de la signature.

Ce nouvel accord devrait favoriser la mise en place dans les prochains mois d’autres conventions locales comme celle de Sissone. Sur ce camp militaire, qui a la particularité d’héberger un centre d’entrainement aux actions en zone urbaine, ce sont des moutons qui font la «maintenance» des zones débroussaillées. L’accord est tripartite: les militaires, l’agriculteur et le Cren de Picardie; chacun y trouve son compte. Le camp dispose d’un réseau de clairières débroussaillées propices à ses activités, l’éleveur de zones de pâturage, et le Cren d’un accès au site sur lequel fleurissent notamment des milliers d’anémones sauvages, fleur légalement protégée et en voie de disparition en France.

Outre la biodiversité, le ministère de la défense a également un rôle important à jouer en ce qui concerne l’efficacité énergétique. Il détient en effet 43% (en valeur) du patrimoine immobilier de l’Etat et une très importante flotte de véhicules. Le rapport Développement durable indique qu’en 2008, la consommation d’énergie primaire a atteint 27 millions de gigajoules (GJ), dont les trois quarts de pétrole et gazole. Les activités du ministère sont responsables de l’émission de plus de 7,3 millions de tonnes de CO2 et nécessitent de prélever plus de 18 millions de mètres cubes d’eau.
D’ores et déjà, à travers le «Brienne de l’environnement», équivalent du Grenelle à l’échelle du ministère de la défense, une quarantaine d’actions en matière d’infrastructure, de gestion des déchets, de l’eau, de déplacements et de politique d’achats ont été engagées. Ainsi, 20.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques seront installés l’an prochain sur les toits de la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône) et 80 navires (soit 60 de plus qu’aujourd’hui) de la marine nationale seront dotés du passeport vert qui répertorie les substances dangereuses afin de faciliter leur démantèlement. Au total, ce sont 180 millions d’euros qui sont engagés pour le plan d’action Environnement de la Défense sur la période 2008-2010.

Pour cette première réalisation d’un rapport Développement durable par un ministère, le travail a été fait en interne. Il a nécessité 8 mois de travail, chapeautés par Eric Lucas, haut fonctionnaire au développement durable de la Défense. L’expérience sera reconduite l’an prochain, et Hervé Morin s’y est engagé: l’année prochaine, le ministère fera certifier le rapport par un organisme indépendant.


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