La croissance «verte» pour contrer la crise

Le 29 janvier 2010 par Sonia Pignet
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emploi envir
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Jean-Louis Borloo et la secrétaire d’Etat Valérie Létard ont dévoilé hier 28 janvier le plan de mobilisation des filières et des territoires pour faire des emplois verts un levier de croissance économique et sociale. Premier volet du Pacte de solidarité écologique, ce plan ambitionne d’élever le Grenelle de l’environnement au rang de sauveur de l’économie.

C’est hier, lors de la Conférence nationale sur les métiers de la croissance verte, que Valérie Létard a présenté les conclusions à la sauce Grenelle du comité de pilotage national et des 11 comités de filière (1), réunissant les différents acteurs du secteur. Pour chaque filière, associations, élus, professionnels, syndicats et pouvoirs publics ont prospecté les opportunités de création d’emplois «verts» et les moyens d’y parvenir. Par exemple, les métiers de la forêt devraient induire la création de 23.620 emplois pérennes à l’horizon 2020 (techniciens d’animation, éco-certificateurs, formateurs, etc.). Le groupe chargé du bâtiment, secteur le plus porteur de croissance verte, estime quant à lui qu’il faut former 70.000 jeunes par an pour couvrir les besoins de la profession, et 230.000 personnes au titre de la formation continue d’ici 2020. «Nous allons faire ce qui a été proposé par chacune des 11 filières», a affirmé Jean-Louis Borloo en introduction de la conférence.

Le plan de mobilisation des filières et des territoires s’inscrit comme le premier volet du projet global dit «Pacte de solidarité écologique», qui inclut également un plan de lutte contre la précarité énergétique, la transformation des modes de vie, comportements et consommation, l’amélioration du cadre de vie dans les territoires et la mobilisation citoyenne et sociale.

C’est Valérie Létard qui a détaillé les 9 axes du plan, qui s’appuient de façon complémentaire sur la mobilisation de l’Etat, celle des filières et enfin celle des territoires. Parmi les objectifs, une meilleure identification des métiers de la croissance verte, la formation des futurs formateurs, l’accès à ces métiers pour les publics les plus en difficulté (jeunes, handicapés, etc.), ou encore l’adaptation des formations aux nouvelles réalités des métiers. L’Etat et les collectivités locales, via la loi Grenelle II, injecteront 170 milliards d’euros dans l’économie et 200 millions ont été sollicités au titre du «grand emprunt» pour mettre en place un fonds d’appui destiné aux projets innovants.

«Au moins un actif sur deux est impacté par le plan Grenelle, il s’agit d’une métamorphose des modes de consommation et de production», a estimé Jean-Louis Borloo. «Dans la panoplie des mesures du Grenelle, ce plan représente la mutation la plus importante.» Il a mobilisé plusieurs ministères ainsi que le haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté. Son directeur, Martin Hirsch a d’ailleurs indiqué que dès la rentrée 2010, le service public d’orientation serait opérationnel sur ces questions de «métiers verts». Autre mesure concrète, la création à cette même date d’une filière de formation au métier de technicien en énergies renouvelables et en services à l’énergie. Le directeur général adjoint de Pôle emploi a également fait savoir, sous réserve du vote lors du prochain conseil d’administration, que l’organisme s’engagerait en 2010 à proposer 5% des 250 millions € consacrés annuellement à la formation, à des formations «vertes».

Quelques intervenants ont cependant tempéré les propos gouvernementaux. Ainsi, Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT, a estimé que «la projection d’emplois est pour l’instant très aléatoire» et qu’il ne faut pas «ringardiser» les métiers qui ne sont pas «verts». Pour Jean-Luc Thomas, président du comité de filière «électromécanique», c’est plus «une évolution des métiers qu’il faut conduire, que la création de nouveaux métiers». Du côté des associations environnementales, la fédération France nature environnement est plutôt critique. Elle dénonce «des emplois vert pâle, plus politiques qu’écologiques». «L’objectif de la filière Automobiles demeure de produire davantage de véhicules individuels. […] Les filières identifiées répondent avant tout à des choix d’investissement politiques et économiques, et non à des innovations réellement porteuses d’emplois et de moindres impacts sur l’environnement», rappelle-t-elle dans un communiqué.

(1) «Agriculture et forêts», «bâtiment», «mer», «construction électrique, électromécanique et réseaux», «transports», «raffinage, carburants et chimie verte», «automobile», «biodiversité et services écologiques», «tourisme», «énergies renouvelables» et «eau, assainissement, déchets, air»


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