La croissance pour quoi faire?

Le 25 août 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La croissance peut servir à financer la transition énergétique, estime France Stratégie.
La croissance peut servir à financer la transition énergétique, estime France Stratégie.
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Une note de France Stratégie rappelle les limites et les usages de la croissance économique. De quoi nourrir les discussions sur le financement de la transition écologique.

C’est un débat, soyons-en sûr, qui animera les soirées électorales prochaines. Comment relancer la croissance économique? Cette ‘universelle panacée’ à la création d’emplois. Mais au fait, y a-t-il un lien de cause à effet entre faire tourner le tableau du PIB et réduire le taux de chômage? Ce n’est pas évident, rétorque France Stratégie.

Pas de création d’emplois automatique

Dans une note publiée ce jeudi 25 août, l’ex-commissariat général au plan rappelle qu’il n’y a «pas de lien mécanique entre croissance et emploi». Diable, voilà un coup porté au dogme. Halte au feu réformateur. Les rédacteurs s’empressent de préciser qu’un «ralentissement de la croissance qui résulte d’un ralentissement du progrès technique est sans effet sur l’emploi et le chômage, pour autant que les salaires et les dépenses publiques s’adaptent à un régime de productivité ralentie. Réciproquement, un surcroît de gains de productivité n’est pas destructeur d’emplois.»

Peut-on financer les transformations économiques, sociales et environnementales sans croissance? France Stratégie n’y croit pas. Certes, si elle n’apporte pas le bonheur, ni ne crée forcément des emplois, la croissance sert à quelque chose. Assurer le financement des dépenses d’avenir, par exemple. Au premier rang desquelles France Stratégie place la transition énergétique.

2°C, c’est 20 milliards par an

Si nous souhaitons nous inscrire dans la trajectoire d’une stabilisation du réchauffement à 2°C, nous devons quasiment réduire de moitié nos émissions d’ici 2030 (audacieux). Ce qui justifie un montant d’investissements supplémentaires tournant autour de 20 milliards par an. «C’est donc près de 1% du PIB qu’il faudra dégager chaque année en ressources supplémentaires pour financer ces investissements d’ici 2027.» Pas question, en revanche, de (trop) recourir à la taxe carbone. Car «ce type de mesure sera nécessairement dommageable pour la partie de la population qui se trouvera ponctionné». L’écologie reste décidément punitive.

Surfant sur l’actualité moyen-orientale et sécuritaire, France Stratégie estime aussi que la France et l’Europe auront besoin de faire, dans la décennie, des efforts supplémentaires en infrastructures, équipements et moyens humains. Bref, on devra investir davantage dans les forces armées ou de sécurité. On frémit à l’avance de l’importance du devis, pour lequel France Stratégie n’a «pas de chiffrage d’ensemble […] mais dont on ne peut exclure qu’il soit d’ampleur significative».

La croissance devra participer à la lutte contre les inégalités grandissantes. Par exemple, en permettant de développer la formation initiale et continue. Prévoir, là encore, une petite vingtaine de milliards par an. La croissance pourrait aussi servir (mais sur ce sujet, France Stratégie n’ouvre pas de piste) à accroître la progressivité de l’impôt, voire à développer les services publics. De bons sujets de discussion pour la présidentielle, non?



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