La crise économique n’épargne pas Veolia et Suez Environnement

Le 09 mars 2009 par Sonia Pignet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
argent euros
argent euros

Les deux géants de l’environnement ont publié leurs résultats la semaine dernière. Sans surprise, leurs branches Déchets pâtissent de la dégradation économique. Les autres activités sont restées en bonne santé, et les différents plans de relance internationaux devraient avoir un impact positif.

L’écologie au secours de l’économie: une idée moult fois exprimée ces derniers mois (à défaut d’être appliquée), notamment à l’occasion des plans de relance nationaux et européens. Pourtant, tout n’est pas rose non plus pour les industries du secteur vert. Comme pour les petites et moyennes entreprises, dont les plus touchées sont celles du recyclage (1 et 2), les gros acteurs de l’environnement voient leur branche Déchets sérieusement impactée.
Fin septembre 2008, une liste de clignotants est passé à l’orange: «baisse des volumes de déchets industriels, puis diminution brutale du prix des métaux, chute de la production industrielle, forte réduction du prix des papiers et cartons et finalement, fermeture de sites industriels», énumère Christophe Cros, directeur général délégué Propreté Europe chez Suez Environnement. Résultat, l’activité déchets de Suez, qui avait déjà dû digérer l’impact de la hausse du prix du gazole, a connu un sérieux ralentissement. Alors que sa croissance organique était de 5,1% fin septembre, elle est passée fin décembre à 2,9%.
Mêmes causes, mêmes effets chez Veolia Propreté, mais encore en plus forts. Alors que durant les trois premiers trimestres, la croissance interne était supérieure à 7%, elle a viré dans le négatif avec -4,5% au dernier trimestre. La perte de valeur de Sulo, la filiale Veolia Propreté Allemagne, a joué un rôle important dans ce mauvais résultat, puisqu’elle a occasionné une charge de 430 millions d’euros. Dans les deux cas, c’est sur le secteur des clients industriels que se contracte le plus l’activité (et non les clients municipaux, sur qui la pression réglementaire reste forte). Mais il représente tout de même 59% du CA de Suez Propreté Europe et environ 67% du CA de Veolia Propreté.
A la baisse des volumes de déchets et à la chute des prix des matières premières s’ajoutait un climat général peu favorable. «Désordre monétaire, évolution du prix de l’énergie et hiver rude, nous avons cumulé plusieurs handicaps cette année», a rappelé vendredi 6 février Henri Proglio, pdg de Veolia Environnement.

Malgré un chiffre d’affaires respectivement de 36,2 milliards € (+13.4% par rapport à 2007) et 12,4 milliards € (+5.4%) -en accord avec les prévisions à long terme- Veolia Environnement et Suez Environnement vont donc revoir leurs objectifs à court terme. 2009 sera marqué de part et d’autre par un ralentissement des investissements par rapport à 2008 (-25% chez Suez, - 44% chez Veolia), une politique de réduction des coûts plus ambitieuse et, chez Veolia, une stratégie de cession d’actifs non stratégiques (3 milliards € d’ici 3 ans, dont 1 milliard en 2009). En fonction du prix des matières premières, les activités de tri vont fluctuer. La mutualisation des moyens (fermeture des petits centres de tri au profit des plus gros) et l’arbitrage entre les filières de traitement et de valorisation lorsque cela est possible permettront d’adapter l’activité Déchets à la crise qu’elle traverse. «Si le tri n’est pas rentable, il y aura des arrêts temporaires de certains centres de tri», a d’ores et déjà annoncé Christophe Cros. Et comme «janvier n’est que la poursuite de décembre», selon Henri Proglio, les acteurs du déchet professionnel se préparent à une année difficile.

Heureusement pour les deux premiers acteurs internationaux des services à l’environnement, d’autres secteurs offrent des perspectives plus réjouissantes. Bien sûr, il y aura toujours des déchets municipaux à collecter et gérer, toujours besoin d’eau, et encore une demande en efficacité énergétique. Tout cela devrait même s’accentuer puisque, selon les prévisions, la population des villes augmentera de 27% dans les 30 prochaines années. De nombreux marchés seront donc à conquérir, et les plans de relance pourraient accélérer leur accès.
C’est par exemple le cas aux Etats-Unis, avec 5 milliards de dollars (4 milliards €) destinés aux stations d’épuration. «Bien qu’il soit encore difficile d’évaluer l’impact qu’auront les plans de relance sur notre activité, nous pourrions en bénéficier», indique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement. La Chine, avec son plan de relance de 2.593 milliards de yuans (300 milliards €) pluriannuel offre aussi un important marché pour ces deux sociétés. «J’ai une grande confiance dans notre avenir chinois», note d’ailleurs Henri Proglio, qui cite également les Coréens et leur décision de consacrer 85% de leur budget de relance à l’économie verte.

(1) Dans le JDLE «Les entreprises du secteur de l’environnement connaissent aussi la crise»
(2) Dans le JDLE «Les papetiers s’inquiètent pour le recyclage»
(3) Dans le JDLE «Etats-Unis: montant historique pour le secteur de l'eau»



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus