La crise écologique, une menace fatale pour les plus démunis selon l’Onu

Le 15 mars 2013 par Marine Jobert
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L'éradication de la pauvreté dans le monde à l'épreuve de la crise écologique.
L'éradication de la pauvreté dans le monde à l'épreuve de la crise écologique.
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«Un environnement sain et sûr devrait être considéré comme un droit, et non comme un privilège.» Sous la plume du Programme des Nations Unies sur le développement (Pnud), qui publie son rapport annuel sur le développement humain, ces mots pèsent leur poids. Intitulé «L’essor du Sud: le progrès humain dans un monde diversifié», le rapport souligne que «la croissance économique, extirpant des centaines de millions de personnes de la pauvreté et propulsant des milliards de personnes supplémentaires dans une nouvelle classe moyenne mondiale (…), jamais dans l’histoire les conditions de vie et les perspectives d’avenir de tant de personnes n’avaient changé si radicalement et si vite».

 

Des nouvelles encourageantes, qui viennent se heurter à la réalité de la crise écologique en cours. «L'inaction au niveau environnemental, particulièrement en ce qui concerne le changement climatique, peut potentiellement stopper, voire même inverser le progrès du développement humain dans les pays et les communautés les plus pauvres du monde», avertit l’ONU, qui estime que le nombre de personnes en extrême pauvreté «pourrait augmenter pour atteindre un chiffre de 3 milliards d'ici 2050 si les catastrophes environnementales ne sont pas évitées par le biais d'une action mondiale coordonnée». Les maladies environnementales chroniques –le Programme des Nations unies pour l’environnement a récemment publié un rapport sur les perturbateurs endocriniens [JDLE]- ou l’effondrement des écosystèmes sont autant de contraintes supplémentaires sur le chemin déjà ardu du quart de la population mondiale (22% en 2008) qui vit avec moins d’1,25 dollar (0,95 euro) par jour (contre 43% en 1990).

 

«Les personnes les plus défavorisées participent peu à la détérioration de l’environnement à l’échelle de la planète, mais elles sont souvent les plus touchées par ses impacts», note le rapport. L’agriculture est menacée, et donc la capacité de nourrir l’humanité, notamment à cause de la diminution et la variabilité croissante et prononcée des précipitations annuelles.

 

En haut du tableau, occupé par ceux qui ont l’index de développement humain[1] le plus élevé, on trouve la Norvège et l’Australie, les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne. Derniers des 186 pays passés en revue, la République démocratique du Congo et le Niger. La France se classe 20e. Mais l’enseignement de ce rapport est à rechercher au centre du classement, auprès des pays comme l’Inde, la Chine et le Brésil. «Leurs productions économiques combinées seront supérieures à la production globale de l'Allemagne, du Canada, de la France, des Etats-Unis et de l'Italie» d’ici 2020, indique l’ONU. Déjà, 500 millions de Chinois sont sortis de la pauvreté. «Le monde a déjà atteint la cible principale d'éradication de la pauvreté dictée dans les objectifs du Millénaire pour le développement dont le but pour 2015 était de réduire de moitié la proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 $ par jour, comparativement à 1990.»

 

Autant de progrès fragiles, prévient l’ONU, puisque «les menaces environnementales font partie des dangers les plus graves pour le développement humain, et leurs conséquences sur la pauvreté risquent d’être extrêmement néfastes. Plus l’action est retardée, plus le coût sera élevé».

 



[1] L'IDH se fonde sur trois critères majeurs: l'espérance de vie à la naissance, le niveau d'éducation, et le niveau de vie.

 



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