La crise a un impact sur le développement de l’éolien

Le 09 décembre 2009 par Victor Roux-Goeken
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Outre les nombreuses critiques en Europe et qui «semblent s’intensifier dans l’espace français», selon un rapport du Centre d’analyse stratégique (CAS) du 3 décembre consacré à l’éolien, le secteur pourrait aussi souffrir des conséquences de la crise économique dès 2011.

Dépendants à 80% de l’octroi de prêts, 10 à 15% des projets de parcs pourraient être affectés, d’après une étude de mars 2009 du cabinet New energy finance relayée par le CAS. L’entreprise danoise Vestas a par exemple décidé de supprimer 1.900 postes en avril dernier, soit 9% de son effectif mondial, «au moment de l’annonce d’un bond de 70% de son résultat net au premier trimestre 2009», rappelle le CAS, pour s’implanter en Chine ou aux Etats-Unis.

L’éolien offshore devrait pâtir encore plus, car nécessitant plus de capitaux, et donc de crédits accordés par les banques.

Dans ces conditions, la France pourra-t-elle atteindre son objectif de 19 gigawatts (GW) de capacité éolienne terrestre en 2020, ainsi que ses 6 GW offshore, quand le parc actuel ne se compose que de 3,4 GW (correspondant à une production 5,6 térawattheures, soit 1% de la production nationale)?

Elle y aurait intérêt, l’éolien émettant très peu de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie d’une installation, explique le CAS: 0,008 tonne de CO2 par mégawattheure, contre 0,05 tCO2/MWh pour le nucléaire et 0,87 tCO2/MWh pour une centrale à charbon d’efficacité thermique de 40%.

Le rapport fait aussi le bilan du développement de l’éolien dans plusieurs pays: Allemagne, Chine, Danemark et Etats-Unis, qui ont réussi à relever le défi de l’éolien auquel la France est soumise.