La CRE ouvre le débat sur les réseaux intelligents

Le 08 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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300.000 compteurs intelligents sont actuellement expérimentés en France
300.000 compteurs intelligents sont actuellement expérimentés en France

Le régulateur des marchés français de l’énergie entend sortir le sujet des smart grids de sa technicité. Objectif : faire accepter en douceur la prochaine révolution électrique.

 

Linky, compteurs intelligents, smart grids. Peu à peu l’actualité s’intéresse aux prémisses d’une prochaine révolution énergétique. Dans quelques années, le consommateur d’électricité ne sera plus celui que nous connaissons aujourd’hui. Celui qui consommait sans broncher ses électrons et recevait une facture au montant approximatif laissera la place à un « consom’acteur ».

 

Avec sa maison à énergie positive, sa voiture électrique, cet usager des années 2020 sera un acteur plein et entier du secteur électrique. Producteur (avec ses panneaux photovoltaïques, sa micro-éolienne ou sa petite turbine hydraulique) et consommateur, il participera à la sécurité de l’approvisionnement en courant, à la décarbonisation du secteur électrique, mais aussi à la bonne gestion des réseaux de distribution d’électricité.

 

Tous les points de la chaîne électrique seront connectés, dotés de capteurs, de compteurs sophistiqués, pour s’échanger des électrons, mais aussi de l’information. Les gestionnaires des réseaux d’électricité (ERDF et RTE, en France) devront savoir, en temps réel, qui injecte du courant et combien. Une information d’autant plus précieuse que la production d’électricité renouvelable est le plus souvent intermittente. Hors période de production, le gestionnaire de réseau doit donc trouver d’autres sources de production que les ENR pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande de courant.

 

D’un autre côté, les consommateurs-producteurs devront aussi savoir si le système peut absorber leur courant. Ce même consommateur appréciera également de recevoir des factures précises (et non plus fondée sur une estimation, comme aujourd’hui).

 

Voilà pour l’avenir annoncé par les électriciens. Un univers dont nous sommes encore loin.

« Pour le moment, le gestionnaire du réseau électrique est incapable de voir s’il y a une panne chez vous », concède Christine Le Bihan-Graf, directrice générale de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). De nombreuses évolutions sont donc nécessaires pour mettre en relation fournisseurs, distributeurs, consommateurs, gestionnaires de réseaux. A commencer par des innovations techniques.

 

Pour assurer cette interactivité, les réseaux de distribution devront véhiculer des électrons et des données. Ces échanges de données permettront, par exemple, au gestionnaire de détecter des pannes à distance et de les télé-réparer ; ils indiqueront, chaque jour, les meilleures plages horaires pour recharger son véhicule électrique, etc.

 

Pour simplifier à outrance, ces réseaux intelligents (ou smart grids) conjugueront réseaux de distribution classiques (des câbles, des transformateurs, etc.) et nouvelles technologies de l’information (courants porteurs en ligne, GPRS). Pour l’Hexagone, le coût de cette transformation est estimé, pour le moment, à 17 milliards d’euros.

 

Les usagers lyonnais et ceux de la région de Tours découvrent la première pierre de ce nouvel édifice électrique. Environ 300.000 abonnés de ces deux zones ont été choisis par ERDF pour expérimenter le compteur Linky. Ce premier dispositif « intelligent » permettra essentiellement à ERDF d’affiner le comptage du courant consommé, et de télé-intervenir sur le compteur. Ce n’est qu’un début.

 

Mais la technique n’est pas tout. Parce qu’ils impliquent la société dans son ensemble, les smart grids doivent aussi devenir une problématique sociétale. « Sans l’acceptation par le public, ce sera un échec », pronostique d’ailleurs Philippe de Ladoucette, président de la CRE.

 

Pour éviter d’en arriver là, le gendarme des marchés français de l’énergie a choisi d’ouvrir le débat. En janvier dernier, il fut à l’origine d’un important colloque sur le sujet. De cette réunion est né un livre un peu indigeste, L’électricité du futur : un défi mondial.

 

Et puisqu’il est question de nouvelles technologies de l’information, la CRE met en ligne, aujourd’hui 8 novembre, un site dédié. Didactique, il donne aux internautes des clés de compréhension des enjeux et des aspects qui les concernent. Il permet aussi d’identifier les acteurs du développement des réseaux intelligents. Collaboratif, il expose les points de vue des industriels, de quelques lobbies. En attendant que d’autres acteurs, comme les associations de protection des intérêts des consommateurs, par exemple, s’expriment aussi.

 

 



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