La CRE dit oui à Linky

Le 19 juillet 2011 par Célia Fontaine
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La Commission de régulation de l'énergie (CRE) propose de généraliser Linky, le dispositif de comptage évolué de l’électricité. Elle a rendu un avis en ce sens le 18 juillet, sur la base des résultats de l’expérimentation menée depuis plus d’un an par ERDF auprès de plus de 250.000 clients.
 
Imposé par une directive européenne[1], le compteur d’énergie communicant doit permettre de favoriser la concurrence et les économies d’énergie. Il participe au développement de réseaux d’électricité intelligents (Smart grids). La France s’apprête donc à remplacer, pour 4 milliards d’euros et en 5 ans, les 35 millions de compteurs mécaniques et électroniques actuels par des Linky blancs et verts. Ces derniers engendreront l’adoption de nouveaux comportements énergétiques qui permettront de réaliser de 5 à 15% d’économie d’électricité, affirmait Eric Besson, le ministre en charge de l’énergie le 4 mai dernier (dans le JDLE).
 
Pour la CRE, qui se base sur une étude menée pour son compte par CapGemini, le développement de compteurs évolués d’électricité est nécessaire pour continuer à garantir la stabilité des réseaux électriques. «Les gestionnaires de réseaux doivent notamment faire face à l’essor des énergies renouvelables, sources de production d’électricité intermittentes et décentralisées qui rendent plus difficile l’équilibrage entre la demande et l’offre d’électricité», explique l’autorité administrative indépendante dans un communiqué du 18 juillet. Cependant, aucune allusion n'est faite aux économies d'énergies réalisées...
 
Loin d’être perdants, les consommateurs bénéficieront de la généralisation du compteur Linky: meilleure qualité du service, notamment en basse tension, relève généralisée des compteurs à distance, facturations sur la base de données de consommation réelles et non plus estimées, autant de points positifs relevés par la CRE.
 
Cependant, en septembre 2010, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) avait pointé du doigt les nombreuses interrogations qui se posent à propos de Linky (dans le JDLE). Le coût de l'opération était estimé incertain, selon la FNCCR. Si ERDF évalue entre 120 et 240 € le prix unitaire d’un compteur Linky, soit entre 4 et 8 milliards € pour 35 millions de compteurs, la facture sera intégralement payée via le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité (Turpe), c'est-à-dire par les seuls consommateurs. Dans une note confidentielle, l’Ademe avait aussi estimé que Linky ne permettait pas aux consommateurs de maîtriser leur consommation d’électrons. Une critique réitérée le 26 janvier dernier par Philippe van de Maele, lors des Assises de l’énergie de Grenoble. «Ce compteur n’a rien d’intelligent. Il n’apporte rien en ce qui concerne la maîtrise de la demande d’électricité. Et son modèle économique n’est pas d’une clarté absolue», a dit le président de l’Ademe (dans le JDLE).
 
Pour la CRE, la généralisation du compteur Linky serait globalement neutre du point de vue financier. «La valeur actualisée nette du projet pour le distributeur serait, selon les hypothèses retenues, légèrement positive. Elle a ainsi pu être évaluée à environ +0,1 Md€2010 pour un investissement initial proche de 4 Md€2010 grâce aux futures économies de coûts d’exploitation associées à l’installation du compteur», explique-t-elle.
 
C’est désormais au gouvernement de trancher en faveur de la généralisation.


[1] La législation européenne impose que 80% des réseaux de distribution soient couverts par de tels compteurs d’ici 2020


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