La cour des comptes fustige l’incapacité du gouvernement Merkel à réussir l’Energiewende

Le 23 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Trop d'éoliennes, parfois, dans la campagne allemande.
Trop d'éoliennes, parfois, dans la campagne allemande.
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Malgré 160 milliards d’euros investis en 6 ans, l’Allemagne n’atteindra pas ses objectifs énergie-climat de 2020.


Angela Merkel n’est décidément pas à la fête. Après la défaite électorale de ses alliés conservateurs en Bavière, la chancelière d’Allemagne se prépare à vivre une nouvelle poussée des Verts dans le land de Hesse.

Dans cette région, réputée pour être la plus prospère de la République fédérale, les derniers sondages donnent les Grünen au coude à coude avec les conservateurs de la CDU. Au terme du scrutin régional du 28 octobre, il n’est pas exclu que la Hesse se réveille avec un gouvernement dirigé par des écologistes.

Le choc du Giec

La montée en puissance du parti d’extrême droite AfD et l’effondrement du parti socialiste ne sont sans doute pas étrangers au succès des candidats se réclamant de l’écologie. Mais ce n’est pas tout. Comme bien d’autres, les Allemands ont été choqués par les messages, d’urgence notamment, délivrés par les climatologues lors de la publication du dernier rapport spécial du Giec.

Or les écologistes allemands restent probablement les derniers partisans de l’Energiewende. Il est vrai qu’outre-Rhin, la transition énergétique fait grincer des dents depuis quelques années. Les particuliers ont vu flamber leur facture d’électricité (contrairement à celles des industriels électro-intensifs). Certaines régions du nord abritent plus d’éoliennes que ne peuvent en supporter les riverains. Bref, ça coince.

Beaucoup d’objectifs non tenus

D’autant que la politique fédérale en la matière manque d’efficacité, souligne la Cour des comptes allemande. Dans leur rapport publié en début de semaine, les comptables de la nation soulignent que malgré les 160 milliards d’euros versés par les consommateurs au financement de la transition, la plupart des objectifs visés par Berlin ne seront pas atteints: -40% d’émission de CO2 entre 1990 et 2020, 18% d’énergie finale issue des énergies renouvelables en 2020, réduction de 10% de la consommation d’électricité toujours en 2020.

La France devant l’Allemagne

Dans le classement des pays en transition énergétique, «11 pays se distinguent mieux que l'Allemagne, dont le leader mondial la Suède, ainsi que la Norvège, la Suisse, la Finlande, le Danemark, l'Autriche ainsi que la Grande-Bretagne et la France», se désole la Cour des comptes fédérale.

Pour tenter de renverser la vapeur carbonée, le rapport plaide pour l’adoption de nouveaux objectifs, plus accessibles, une coordination des politiques fédérales et régionales et une meilleure prise en compte de la sécurité d’approvisionnement.
 



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