La cote des agrocarburants de 1ère génération baisse en Europe

Le 12 juillet 2013 par Stéphanie Senet
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Le changement d'affectation des sols indirect a en effet été pris en compte par le Parlement européen
Le changement d'affectation des sols indirect a en effet été pris en compte par le Parlement européen

 Les députés européens de la commission de l’environnement ont voté, le 11 juillet, le plafonnement à 5,5% de la part des agrocarburants de première génération dans la consommation d’énergie finale des transports d’ici à 2020. Objectif: réduire les émissions de gaz à effet de serre générées par l’utilisation des terres agricoles.

Cette disposition faisait partie du rapport de Corinne Lepage, voté par 43 voix pour, 26 contre et 1 abstention, qui doit amender la directive européenne sur les énergies renouvelables. «Je me félicite que la commission de l’environnement ait décidé de traiter le problème des émissions de gaz à effet de serre liées au changement d’affectation des sols indirect (CASI) en les intégrant dans la législation», a déclaré la rapporteure française.

Lorsqu’on prend en compte le CASI (selon la méthodologie de l’Ifpri, l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires), c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’utilisation des terres agricoles (déforestation, changement d’affectation, etc), les agrocarburants de première génération voient leur bilan de cycle de vie fortement réduit, voire annulé (voir JDLE).

En octobre dernier, la Commission européenne avait proposé un objectif un peu plus ambitieux, en réduisant de 10% à 5% la part des agrocarburants de première génération (voir JDLE).

Les eurodéputés ont également voté l’objectif d’atteindre, avec les agrocarburants avancés (algues, et déchets notamment) au moins 2% de la consommation finale d’énergie dans les transports d’ici à 2020. «Ce développement ne devra pas priver d’autres secteurs de matières premières, déstabiliser la politique européenne en matière de déchets et de forêt, ou avoir un impact négatif sur la biodiversité», a précisé le Parlement dans un communiqué.

Enfin, pour doper la production de véhicules électriques, l’électricité issue d’énergies renouvelables devra représenter au moins 2% de la consommation globale d’énergie dans les transports en 2020. L’objectif global d’atteindre 10% d’énergies renouvelables est par ailleurs maintenu.

«Cela représente un pas important dans la bonne direction», s’est félicité le Bureau européen de l’environnement (BEE), qui fédère de nombreuses associations. «Jusqu’à présent, la politique de l’Union européenne sur les agrocarburants avait échoué à lutter efficacement contre les émissions de GES dues aux transports. Au contraire, elle avait favorisé l’accaparement des terres agricoles, la déforestation, la faim et la pauvreté», ajoute-t-il. Il regrette toutefois que le plafond adopté n’ai pas été inférieur 5,5% car ce niveau reste supérieur à la consommation actuelle d’agrocarburants.

Pour Greenpeace et Oxfam, ces recommandations sont encourageantes, dans un contexte de lobbying intensif mené par les industriels (et du Parti populaire européen, ndlr), mais insuffisantes. Selon les ONG, elles ont raté l’occasion de réduire efficacement la consommation de carburants concurrençant les produits alimentaires.

Ces dispositions seront soumises au vote du Parlement européen, en session plénière, le 10 septembre.

http://www.eeb.org/tasks/sites/EEB/assets/File/Annex_to_PR_on_biofuels_ENVI_vote.pdf



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