La Corse s’oppose à la privatisation du traitement des déchets

Le 07 novembre 2019 par Stéphanie Senet
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Quel successeur au centre d'enfouissement de Viggianello, fermé en juin 2020 ?
Quel successeur au centre d'enfouissement de Viggianello, fermé en juin 2020 ?

Le conseil exécutif de Corse s’est opposé catégoriquement, le 6 novembre, à deux nouveaux projets d’installation de traitement alors que l’île de Beauté sera confrontée à un déficit de stockage de 80.000 tonnes dès 2020.

Réquisitions des centres de stockage, exportation de déchets en métropole… La Corse ne sait plus à quel site se vouer. Et la dernière décision du tribunal administratif de Bastia le confirme. Alors que les magistrats ont annulé, le 3 octobre, l’arrêté préfectoral bloquant le projet d’un nouveau centre d’enfouissement de déchets à Giuncaggio (70.000 t par an), en Haute-Corse, le conseil exécutif est monté au créneau. Il demande à la préfète Josiane Chevalier de ne pas autoriser pour autant ce projet porté par Oriente Environnement, et de faire appel de la décision rendue en première instance. Un appel déjà formé par le collectif de riverains du site Tavignanu Vivu.

L’exécutif insulaire a d’ailleurs un deuxième projet dans le collimateur : celui du centre de tri et de stockage des déchets Viggianello 2, d’une capacité de 58.000 t par an pendant dix ans, porté par la société Lanfranchi. La préfète avait confié au président de l’exécutif Gilles Simeoni, dans un courrier daté du 7 octobre, son intention de l’autoriser «pour éviter une situation de crise sanitaire et environnementale». Si le déficit de stockage atteindra 80.000 t dès 2020, il grimpera à 110.000 t en 2021 selon la préfecture.

Gestion privée versus gestion publique

Si le conseil exécutif reconnaît la crise actuelle, il «refuse de remettre le secteur du traitement des déchets entre les mains d’opérateurs privés qui seront en situation de monopole ou de duopole, en violation du modèle voté par la collectivité de Corse, qui privilégie une gestion publique», explique-t-il.

Un plan à la traîne

Problème: le déficit d’exutoires devient critique sur l’île de Beauté avec la fermeture, en juin 2020, d’un des deux centres actuels d’enfouissement à Viggianello, qui traite 60.000 t de déchets par an. Le deuxième centre fermera quant à lui ses portes à la mi-2022. Pour l’anticiper, l’Assemblée de Corse avait adopté en octobre 2018 un plan d’actions visant à généraliser le tri sélectif, et créer deux centres de tri et de nouveaux centres de stockage d’ici à fin 2021. Aujourd’hui, l’exécutif constate seulement que chacun de ces objectifs «connaît des difficultés de concrétisation».



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