La Corse craint les rejets de la future centrale de Lucciana B

Le 18 mai 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Une centrale qui sent le soufre.
Une centrale qui sent le soufre.
EDF

Prévue par le plan énergétique adopté par l’Assemblée de Corse en 2005, la centrale thermique de Lucciana B (Haute Corse) fait couler beaucoup d’encre sur l’Île de Beauté.

En cause: le combustible de l’installation. Depuis le lancement du projet, EDF PEI a choisi de faire tourner les 7 moteurs de la future centrale —de 18,3 MW chacun— au fioul lourd à très très basse teneur en soufre (TTBTS). Ce qui n’a pas manqué de faire hurler certaines organisations locales qui auraient préféré un combustible moins polluant, comme le fioul domestique, voire le gaz naturel (bien que l’île ne soit pas raccordée à un gazoduc).

Sous leur impulsion, le ministre de l’écologie d’alors, Jean-Louis Borloo, avait commandé à l’électricien public une étude comparative sur les impacts sanitaires comparés de la consommation des deux types de fioul.

Achevée en juillet dernier, cette étude est restée dans les tiroirs jusqu’à ce que l’association U Levante la mette en ligne, en début de semaine.

Réalisée par le centre d’ingénierie thermique d’EDF, l’étude confirme ce que d’aucuns craignaient: «Dans certaines conditions météorologiques et d’exploitation simultanées très défavorables et en certains points», la centrale émettra trop de dioxyde de soufre (SO2).

Sur les 43 sites de la cité bastiaise, indique l’étude sanitaire, 9 baigneront dans une atmosphère trop riche en soufre. Dans les «conditions très défavorables», les travailleurs de la coopérative agricole du nord de la Corse pourront respirer un air contenant 191 µg/m3 d’air de dioxyde de soufre (la valeur toxicologique de référence ou VTR est de 26,2 µg/m3). Les occupants des «habitations au nord-est de la centrale» dégusteront un air également trop chargé en SO2, tout comme ceux du sud-ouest de la ville, etc.

La mise en service de Lucciana B est prévue pour le mois de septembre 2013. A moins, bien sûr, que la nouvelle ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, Nicole Bricq, ne rouvre le dossier.



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