La Corse adopte le "zeru frazu"

Le 30 mai 2016 par Stéphanie Senet
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Ce nouveau plan Déchets a généré des heures et des heures de débats
Ce nouveau plan Déchets a généré des heures et des heures de débats
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L’Assemblée de Corse a adopté le 27 mai un plan visant à réduire les déchets au terme de 11 heures de débats en commission et de 18 amendements. Les partisans du tri à la source, tendant vers le ‘zeru frazu’ (zéro déchet), l’ont emporté face aux tenants du tri-mécano-biologique (TMB).

 

En Corse, la gestion des déchets s’avère politiquement explosive. Depuis plusieurs années, elle donne lieu à un affrontement entre les nationalistes, partisans du tri à la source, et les partisans, de droite comme de gauche, du TMB et des centres d’enfouissement. Résultat: le nouveau rapport d’orientation sur la politique déchets a été approuvé à une majorité relative: 24 voix pour, 11 contre, 11 abstentions et 4 absences. Il fait suite au plan de prévention et de gestion des déchets non dangereux adopté le 17 juillet 2015.

Moins ambitieux que prévu, ce nouveau plan d’action vise à atteindre 60% de tri à la source en 5 ans. Il prévoit la création de 3 centres de tri, de 8 stations de compostage industriel, de 30 plates-formes de compostage en milieu rural, pour un coût total de 28 millions d’euros.

 

Une urgence: limiter la mise en décharge

 

Ce plan de gestion s’accompagne d’un plan d’urgence destiné à ne pas accroître les capacités d’enfouissement de l’île, qui plafonnent à 95.500 tonnes par an au sein de trois ISDND[1] et qui engloutissent aujourd’hui 92% des déchets ménagers.

Pour cela, 80% des déchets ménagers valorisables doivent être compostés ou recyclés, tout comme 50% des déchets déposés en déchetteries. Des installations provisoires de surtri mécanisé des ordures ménagères résiduelles (OMR) seront aussi installées dès la fin 2016. Elles pourront accueillir 135.000 t/an de déchets. Au total, ce plan d’urgence coûtera 5,6 M€ à l’Assemblée de Corse.

 



[1] Installations de stockage de déchets non dangereux