La COP21, désert agricole?

Le 12 juin 2015 par Romain Loury
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Le désert avance
Le désert avance
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L’agriculture demeure trop à l’écart des négociations en vue de la 21e conférence des parties à la convention de l’ONU sur le changement climatique (COP21), qui se tient en décembre à Paris. Pendant ce temps, la désertification se poursuit à un rythme soutenu, ont regretté vendredi 12 juin les participants au forum Désertif’Actions, qui s’achève samedi à Montpellier.

Pour les experts interrogés en marge de ce forum associatif, le constat est unanime: à l’origine de la désertification et de la dégradation des sols, l’agriculture, bien qu’elle soit responsable d’environ un quart des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, reste étrangement peu traitée dans la préparation de la COP21.

«Comment se fait-il que l’on s’interdise d’aborder le fond du problème? Parce que cela met en cause certains intérêts», s’insurge Patrice Burger, directeur de l’association Cari [1], impliquée dans la lutte contre la désertification. Pour Marc Dufumier, agronome à AgroParisTech, cet oubli est tout simplement dû au «lobby agroindustriel».

Pour ce dernier, «deux points sont essentiels: d’abord, que l’agriculture soit mieux prise en compte dans les négociations, que l’on y parle enfin d’agroécologie et d’agroforesterie. Enfin, que l’on accepte que seule une agriculture familiale ancrée dans les traditions du pays est capable de faire la transition» vers un modèle de production plus respectueux du climat.

Un problème environnemental au sens large

Pour Xavier Sticker, ambassadeur français délégué à l’environnement, «il est complexe d’agir contre la désertification: c’est un enjeu qui touche à l’agriculture, mais avec des implications économiques, environnementales et parfois sécuritaires».

Notamment du fait des migrations, estime Patrice Burger, dont nombre pour raisons environnementales, ce qui crée «de l’instabilité» dans les pays d’origine: «faute d’entretien, les oasis sahariennes sont en train de mourir», observe le directeur de Cari.

Comme d’autres autres ONG avant eux, beaucoup font montre d’une grande méfiance vis-à-vis de la Climate-Smart Agriculture, ou «agriculture climato-intelligente», perçu comme un cheval de Troie de l’agrobusiness.

Quant à l’initiative 4 pour 1.000 récemment lancée par Stéphane Le Foll, et présentée comme un «programme de recherche international» dont le but est d’accroître le stockage de carbone dans les sols agricoles, Marc Dufumier espère que «ce ne sera pas qu’un slogan».

Regroupant plus de 300 participants associatifs et scientifiques, le forum international Désertif’Actions s’achèvera samedi 13 juin à Montpellier. Après trois jours d’échanges, il se termine par une journée grand public, avec animations, tables rondes, débats et village associatif.

[1] Centre d’actions et de réalisations internationales



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