La COP 26 a son président

Le 14 février 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Alok Sharma, un président de COP qui ignore tout des arcanes de la diplomatie climatique.
Alok Sharma, un président de COP qui ignore tout des arcanes de la diplomatie climatique.
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A la surprise générale, le gouvernement britannique a bombardé son ministre du développement international à la présidence du sommet climatique de novembre.

 

Le gouvernement britannique n’est décidément pas avare de surprises. La dernière en date n’est pas la moindre. Jeudi 13 février, à l’occasion d’un remaniement de son gouvernement, le premier ministre Boris Johnson a annoncé la nomination d’Alok Sharma à la présidence de la COP 26. Ancien ingénieur en électronique, passé par le conseil et la finance, le député de Reading (Berkshire, centre de l’Angleterre) occupait depuis peu le poste de ministre au développement international. La promotion de ce quinquagénaire d’origine indienne surprend à plus d’un titre.

inexpérimenté

Comme ministre ou parlementaire, Alok Sharma n’a jamais réellement traité de questions touchant à l’atténuation ou à l’adaptation. Il ignore tout des arcanes de la diplomatie onusienne. L’équipe de Boris Johnson avait pourtant justifié le limogeage de la première présidente de la COP, Claire O’Neill, par le fait que ce poste devait être occupé par un ministre ou un diplomate expérimenté. L’ancien consultant n’est ni l’un ni l’autre. Les ministres Michael Gove et Dominic Raab faisaient figure de favori pour ce poste.

job à mi-temps

Autre surprise: le job de président de la COP ne sera pour lui qu’un boulot à mi-temps. En plus d’organiser l’un des sommets climatiques les plus importants depuis la COP 21 de 2015 (194 Etats devront présenter leur politique climatique à 2030), Alok Sharma devra tenir les rênes du ministère de l’économie, de l’énergie et de la stratégie industrielle. Pas vraiment le type de portefeuille ministériel à prendre à la légère.

Parmi ses premières tâches, le nouveau président devra inciter un maximum de gouvernement à rapidement déposer leur seconde contribution nationale volontaire (NDC). Pour le moment, seuls trois pays se sont pliés à l’exercice imposé par l’Accord de Paris. Problème, selon l’une des décisions adoptées lors de la COP 21, la date limite pour le dépôt de ces secondes NDC était fixée au 9 février 2020. Un détail.