La COP 24 s’annonce très policée

Le 26 mars 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Katowice avant la COP.
Katowice avant la COP.
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Après avoir réduit les libertés individuelles de ses citoyens, le gouvernement polonais veut réduire le droit de manifestation autour du prochain sommet de l’ONU sur le climat.

 

Le prochain sommet climat (COP 24), qui doit se dérouler à Katowice (Pologne) début décembre, ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Du moins pour les ONG. Une loi promulguée fin janvier par le président polonais Andrzej Duda interdit tout rassemblement spontané dans la cité minière entre le 26 novembre et le 16 décembre. Ne cherchez pas dans votre agenda, la COP 24 se situe pile dans ce créneau (3 au 14 décembre).

déjà à la COP 21

Certes, ce n’est pas la première fois que de telles restrictions frappent les associations pro-climat. Lors de la COP 21, les autorités françaises avaient interdit les manifestations prévues en marge du sommet du Bourget par crainte des attentats. La nouveauté du texte polonais, c’est qu’il autorise la police locale à collecter les données personnelles des participants à la COP et à en faire un usage incontrôlé.

Ce qui inquiète nombre d’organisations dont les militants ne sont pas toujours bien considérés par leurs propres gouvernements. L’an passé, rappelait récemment Global Watch, 197 défenseurs de l’environnement ont été tués pour avoir lutté contre la déforestation illégale, le braconnage ou le changement climatique. Un chiffre 4 fois plus important qu’en 2002.

80 associations protestent

A l’initiative du forum Asie-Pacifique des femmes pour le droit et le développement (APWLD), plus de 80 associations du monde entier dénoncent la contradiction entre le droit de réunion et le droit de manifestation, protégés par la convention européenne des droits de l’homme et la loi polonaise. Elles demandent à l’ONU et à la Commission européenne de faire pression sur Varsovie pour qu’elle abroge sa loi.

La surveillance rapprochée des activistes qui feront le déplacement à Katowice n’est que le dernier épisode d’un durcissement des politiques sécuritaires polonaises.

article 7

En juillet dernier, la Commission européenne a engagé une procédure d'infraction à l’encontre de la Pologne, à la suite de la publication de la loi sur l'organisation des juridictions de droit commun. Très critiqué, ce texte organise la reprise en main par le pouvoir conservateur du système judiciaire national. La Pologne est ainsi le second pays de l’UE, après la Hongrie, auquel les 27 reprochent «une violation grave de l’Etat de droit», contrevenant ainsi aux dispositions de l’article 7 du traité de l’UE. Ce qui pourrait lui valoir une suspension de son droit de vote, voire une suppression des financements communautaires.

A la suite de l’entrée en application de la loi sur la liberté d’expression de 2015, plus de 234 journalistes de l’audiovisuel public polonais ont été rétrogradés, licenciés ou contraints de démissionner, rappelle Amnesty International.



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