La COP 21 dépose son bilan carbone

Le 07 avril 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les 35.000 délégués à la COP 21 ont directement rejeté 9200 t de GES en 15 jours.
Les 35.000 délégués à la COP 21 ont directement rejeté 9200 t de GES en 15 jours.
VLDT

Heureuse surprise, le sommet du Bourget a émis deux fois moins de gaz à effet de serre que prévu initialement. Une performance qui ne doit (presque) rien au hasard. Explications.

Quatre mois après la clôture de la COP 21, les émissions mondiales de GES n’ont pas encore baissé. Mais déjà, il faut tirer tous les bilans possibles de ce sommet Climat de Paris. C’est précisément ce à quoi s’est attachée, ce jeudi 7 avril, l’équipe organisatrice.

Les émissions de GES sont, évidemment, le point sur lequel des résultats étaient le plus attendus. Conseillés par le consultant spécialisé EcoAct, les organisateurs tablaient sur 21.000 tonnes équivalent CO2 (téqCO2) directement relâchées avant (construction), pendant et après (démontage) l’événement. «Les études auprès de nos fournisseurs et celles que nous avons réalisées sur place montrent que nous avons en réalité directement émis 9.200 téqCO2», explique Pierre-Henri Guignard, secrétaire général de la conférence. Les principaux postes sont l’énergie (19%), l’hébergement (14%), les transports locaux (17%), les matériaux (29%), la logistique (10%).

Mieux que Copenhague

Importants, ces rejets doivent être relativisés. «Chacun des 67.134 participants accrédités a émis 9 kgéqCO2/jour. C’est moins qu’à Copenhague (15 kgéqCO2/j) ou qu’à Lima (48 kgéqCO2/j)», souligne l’ancien ambassadeur de France au Panama.

Du 30 novembre au 12 décembre, la COP 21 a accueilli 34.979 délégués accrédités, 32155 participants non accrédités, 2.500 réunions, 89.800 visiteurs. Plus de 235.000 repas ont été servis sur le site de la conférence.

Comme promis au secrétariat de la convention Climat, la totalité de ces émissions seront ‘compensées’, via l’achat de crédit carbone VCS ou Gold Standard. «Cela représente un budget d’environ 100.000 euros», avance le diplomate. Des mécènes, comme la Caisse des dépôts, et des gouvernements devraient financer la compensation des émissions imputables au transport aérien (33.540 téqCO2).

Les bonnes performances climatiques de ce sommet ne doivent pas tout au hasard. «Certes, il n’a pas fait un froid de canard et les conditions sécuritaires ont incité les participants à emprunter les transports en commun plutôt que des voitures», souligne Pierre-Henri Guignard. A posteriori, les Français se sont aussi rendu compte que rares étaient les délégués et journalistes à rester durant toute la quinzaine. Pour autant, quelques précautions avaient été prises, en amont, pour limiter les dégâts climatiques.

Recyclage et réutilisation

Le cahier des charges des fournisseurs était strict: un maximum de matériaux devait pouvoir être recyclé. Une condition plutôt bien remplie: 94% des 16.000 t de matériaux ont été réutilisées; essentiellement du bois (6.000 t), des matériaux ferreux (3.641 t), des équipements électriques (1.601 t). Totalement démontable, la salle plénière en bois pourrait être revendue aux organisateurs de la… COP 22. Prêtés par Ikea, les meubles ont été donnés à l’association Emmaüs. Engie avait prêté une chaudière à condensation performante consommant 20% de gaz de moins qu’un modèle classique, évitant ainsi de relâcher 55 téqCO2. Une économie de même ampleur que celle générée par le système de consigne de gobelets réutilisables.

Solidarité

Un gros effort a aussi été réalisé par les restaurateurs. «Nous souhaitions privilégier les produits de saisons, locavores et si possible bio», rappelle Marc Strauss, adjoint au secrétaire général. Certains fournisseurs ont dû trouver de nouvelles sources d’approvisionnement. D’autres ont renouvelé leur offre, en développant le bio. Un partenariat avait été conclu avec le Chaînon manquant. Durant la quinzaine, l’ONG a récupéré les repas invendus et les a distribués à des personnes démunies: 15.000 repas ont ainsi été redistribués durant la quinzaine.

Que restera-t-il du sommet du Bourget? Une grande fierté, au sein de l’équipe du secrétaire général, pour avoir conçu le premier événement français dont l’organisation a été reconnue conforme à la norme internationale d’événement ‘durable’, ISO 20121. Une expertise en quête de reprise. «Nous aimerions que les grands événements qui seront organisés en France s’inspirent de notre méthode», avance Pierre-Henri Guignard. A commencer par les Jeux Olympiques de Paris, en 2024?

 

 



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