La Convention de Berne va-t-elle lâcher le grand hamster d’Alsace?

Le 05 décembre 2013 par Marine Jobert
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Cricetus Cricetus, une espèce exotique devenue indigène?
Cricetus Cricetus, une espèce exotique devenue indigène?
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La France n’aurait (officiellement) rien demandé: ce sont la Norvège et la Slovénie qui ont proposé aux membres du comité permanent de la convention de Berne, qui tient jusqu’au 6 décembre sa réunion annuelle à Strasbourg, de clôturer la surveillance dont bénéficie Cricetus Cricetus. Les associations de protection de la nature sont tombées de leur chaise en entendant cela et ce en dépit des appels du Saint Siège pour que la surveillance des actions de la France en faveur du rongeur soit maintenue. «Est-ce le fruit de tractations diplomatiques de deux pays qui ont besoin du soutien de la France dans d’autres dossiers? Ou s’agit-il de l’application légaliste de diplomates qui respectent scrupuleusement la Convention?, s’interroge Stéphane Giraud, le directeur d’Alsace Nature. Même l’Etat français n’avait pas demandé cette clôture!»

 

Maïs et Grand contournement ouest

L’Etat français n’est pas demeuré inactif, avec notamment un plan national d’action dédié, sur 5 ans, qui vise à conserver l’aire de présence actuelle, tripler l’effectif de hamsters (objectif de populations viables de 1.500 individus) et contribuer à l’amélioration de la qualité de l’habitat du hamster. C’est que les effectifs du Grand hamster d’Alsace sont en pleine déliquescence, à cause notamment de la fragmentation et de la disparition de ses habitats (projets routiers ou constructions de zones commerciales) et peu de nourriture disponible (fourrages comme la luzerne remplacée par une culture intensive du maïs traité aux pesticides). On ne le trouve plus que dans 10 communes de la plaine d’Alsace, contre 19 en 2012. Une situation qui vaut déjà à la France un contentieux avec l’Union européenne.

 

Et son aire répartition ne va pas aller en s’améliorant, craignent les associations environnementales, puisque des infrastructures routières nouvelles sont annoncées dans le secteur. C’est notamment le cas du Grand contournement ouest, dont la construction vient d’être remise sur le tapis par un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD). Le rapport ne pipe d’ailleurs mot sur le devenir du grand hamster d’Alsace si l’autoroute voyait le jour, se contentant de relayer les positions des partisans et des détracteurs du projet.

 

Une nature artificialisée

«Nous aurons toujours du grand hamster en Alsace, explique Stéphane Giraud. La question c’est: vivra-t-il dans un zoo à ciel ouvert ou sera-t-il une espèce sauvage?» Une position bien en deça de celle du forestier vosgien Jean-Claude Génot qui dit «halte à l’acharnement thérapeutique» pour l’espèce. «Disons niet aux conventions et directives qui inscrivent des espèces n’ayant plus aucun milieu naturel dans un pays censé les protéger! (…) Vouloir protéger une espèce qui, chez nous, dépend de pratiques agricoles dans un contexte productiviste est un non-sens». Les membres du comité permanent de la convention de Berne se prononceront officiellement le 6 décembre sur le sort du dossier Hamster, mais l’issue du vote fait peu de doute pour les associations environnementales.

 

 

 


 



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