La consultation nationale sur l’eau fait un flop

Le 07 mai 2009 par Victor Roux-Goeken
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Un peu plus de 27 millions de questionnaires envoyés aux particuliers, 130 réunions et débats locaux, pour 386.505 questionnaires renvoyés. Soit un taux de retour de… 1,3% (sic). Tels sont les premiers résultats pour la France métropolitaine de la consultation nationale sur l’eau 2008, lancée en avril dernier (1), et synthétisés mercredi 29 avril par le Meeddat.

La consultation sur l’eau est imposée par la directive-cadre sur l’eau (DCE) afin de valider les grandes orientations de la gestion de l’eau pour 2010-2015, définies dans les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) conçus par chaque bassin. Les résultats de la synthèse avaient déjà été publiés courant avril par l’agence de l’eau Rhin-Meuse (2). Le taux de participation varie selon les régions –de 0,6% en Seine-Normandie à 4,1% en Rhin-Meuse.

Le ministère parle d’une «montée en notoriété» de cette consultation par rapport à la première (2005), sans que la synthèse n’indique de taux de retour pour cette année-là. Organisatrice des deux consultations, l’agence de l’eau Rhin-Meuse enregistre une progression de 13% de ce taux, mais pour son district.

Sexe masculin, plus de 60 ans, retraité et pas accro à l’environnement: la synthèse indique aussi le profil du sondé type. Concernant les préoccupations, 53% des personnes qui ont répondu estiment qu’elles sont liées aux pollutions agricoles, et 47% aux pollutions industrielles.

Les priorités d’action retenues varient selon le bassin: eau potable et risque de pénurie pour 65 à 70% d’entre eux en Adour-Garonne; pollutions agricoles à 47% pour le public de Loire-Bretagne; l’Artois-Picardie retient à 61% la pollution des milieux naturels. Moins d’un tiers des personnes considèrent que les actions liées aux milieux sont prioritaires. Globalement, la moitié des personnes estiment que seule une partie des problèmes est prise en compte, ou regrettent un manque d’ambition.

Les répondants valident généralement à plus de 70% des propositions d’actions s’appliquant à d’autres qu’eux-mêmes, telles que les restrictions d’usage et les coûts supplémentaires –conservation de terres non construites pour disposer de zones d’expansion des crues, limitation de l’urbanisation, modification des modes de production industrielle, réduction de l’usage des pesticides en agriculture, maintien ou réintroduction d’espaces naturels en milieu urbain… Les agriculteurs étant les moins nombreux à accepter ces propositions.

Pour eux-mêmes, les sondés acceptent à 90% le b.a.ba: économies d’eau, tri des déchets et limitation de l’usage de désherbants. Ils sont environ 77% à accepter la consommation de produits bio. En Loire-Bretagne, Rhin-Meuse et Rhône-Méditerranée, 4 à 5% d’entre eux veulent voir soutenue l’agriculture bio.

La question de la hausse du coût de l’eau est diversement appréciée. Elle est mentionnée dans 43% des avis librement rédigés par les répondants. Si une majorité de personnes sont d’accord pour mobiliser des moyens financiers supplémentaires pour obtenir de meilleurs résultats en 2015 –date à laquelle le bon état des eaux doit être atteint–, elles sont plus réticentes pour contribuer personnellement, sans qu’une tendance claire ne se dégage. Les réponses sont diverses (ainsi que les questions, toutes les agences ne posant pas les mêmes), mais de manière schématique, entre 40 et 60% d’entre elles n’acceptent pas de hausse du prix de l’eau ou n’acceptent pas de hausse supérieure à 10 euros, par famille et par an.

(1) Dans le JDLE «Politique de l’eau: pendant 6 mois, le public a voix au chapitre»
(2) Dans le JDLE «Consultation sur l’eau 2008: publication de la synthèse»


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