La consommation de poisson boostée par l’aquaculture

Le 08 juillet 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'aquaculture, en progression de 5,8% par an
L'aquaculture, en progression de 5,8% par an
DR

En constante progression depuis 50 ans, la consommation mondiale de poisson dépasse désormais les 20 kg par personne et par an, révèle le rapport annuel de la FAO[i] sur la «Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture». En cause, demande en hausse et forte croissance de l’aquaculture, qui dépasse désormais la pêche marine.



[i] Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture

 

Dans les années 1960, le Terrien moyen consommait 9,9 kg de poisson par an. En 2013, il en était à 19,7 kg, et «selon des estimations préliminaires pour 2015, ce chiffre devrait encore progresser et dépasser les 20 kg», explique la FAO. Tirée par l’aquaculture, «l’augmentation de la production n’explique pas à elle seule cette expansion».

Parmi les autres facteurs, la FAO évoque «la diminution du gaspillage, l’amélioration de l’utilisation, l’amélioration des canaux de distribution et la croissance de la demande, tout cela étant interconnecté avec la croissance démographique, l’augmentation des revenus et l’urbanisation. Le commerce international a également joué un rôle important en apportant aux consommateurs une gamme de choix plus large».

C’est dans les pays développés que cette consommation est la plus élevée, avec 26,8 kg de poisson par tête. C’est toutefois dans les pays asiatiques que la hausse a été la plus forte: en Asie de l’Est (dont la Chine, premier pays de pêche, premier aquaculteur et premier exportateur), la consommation est passée de 10,8 kg à 39,2 kg par personne et par an entre 1961 et 2013.

Légère augmentation des captures

Alors que la production de pêche marine stagne depuis 1996, la FAO observe une légère augmentation depuis 2010, avec un pic à 78,4 millions de tonnes pêchées en 2014. Du moins hors anchois du Pérou, dont la production connaît de fortes variations en raison d’El Nino. En incluant cette espèce, la production marine s’élève à 81,5 millions de tonnes. Fait unique depuis 1998, l’anchois péruvien a été détrôné de sa première place par le lieu d’Alaska.

En janvier, deux experts canadiens avaient remis en cause l’idée d’une stagnation des captures depuis 1996. Selon eux, la FAO sous-estimerait tout ce qui n’est pas issu des grandes pêcheries, dont les petites pêcheries, la pêche artisanale, la pêche de loisir, la pêche illégale et les rejets en mer. Résultat: le pic de 1996 est plus élevé, et il n’y a pas stagnation, mais déclin rapide. Dans son rapport, la FAO, qui avait alors défendu ses méthodes par voie de communiqué, ne dit mot de cette polémique.

A l’inverse, l’aquaculture ne cesse de croître (+5,8% par an entre 2005 et 2014), atteignant 73,8 millions de tonnes en 2014. C’est d’ailleurs cette année-là qu’elle a pour la première fois doublé la pêche comme source de poisson destiné à l’alimentation. En comptant les algues marines, et tous usages confondus, cette transition s’était effectuée dès 2013. Quant à la pêche continentale, elle culmine à 11,9 millions de tonnes, soit une hausse de 37% en 10 ans.

Un tiers des stocks surexploités

Côté exploitation marine, cela ne s’arrange pas vraiment: 31,4% de stocks de poissons commerciaux sont surexploités, un chiffre stable depuis 2007, contre 10% en 1974. A l’inverse, 58,1% des stocks sont exploités au maximum et 10,5% sont sous-exploités.

«Le Pacifique Nord-Ouest est demeuré la zone de pêche la plus productive, suivi du Pacifique Centre-Ouest, de l’Atlantique Nord-Est et de l’Océan Indien Est», observe la FAO. A l’exception de l’Atlantique Nord-Est, les prises y ont augmenté par rapport à la période 2003-2012.

Quant à la Méditerranée et à la mer Noire, «leur situation est alarmante car les captures y ont chuté d’un tiers depuis 2007, principalement du fait de la réduction des débarquements de petits pélagiques comme l’anchois et la sardine, même si la plupart des autres groupes d’espèces ont également été touchés».



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus