La Conf’ vante la «bonne bouffe» de l’agriculture paysanne

Le 31 mai 2013 par Marine Jobert
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Le logo de la campagne "Envie de paysans" de la 'Conf'.
Le logo de la campagne "Envie de paysans" de la 'Conf'.

«Pas de bonne bouffe sans paysans!» Faute de parvenir tout à fait à entraîner les politiques vers une réforme agricole plus équitable aux yeux du syndicat, la Confédération paysanne (CF) s’est choisi un nouveau slogan qui s’adresse directement à l’estomac des consommateurs. «L’avenir de leur alimentation, et de celle de leurs enfants, est lié à notre survie», explique Laurent Pinatel, le nouveau porte-parole de la «Conf’». Après la fin des négociations européennes entre la Commission, le Conseil et le Parlement sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) et avant la loi française d’avenir pour l’agriculture, l’agroalimentaire et la forêt, le syndicat lance la campagne «Envie de paysans».

 

D’abord, se rencontrer –autour des animaux de la ferme ou d’un verre de vin servi au marché paysan, qui sont installés place Stalingrad (Paris XVIIIe) ce week-end-, puis sensibiliser les citoyens aux impacts concrets des politiques agricoles sur leur alimentation –les fermiers ouvriront leurs porte dans toute la France-, avant de lancer un «lobbying civil» auprès des parlementaires. A l’image de la campagne GO M.A.D [JDLE], visant à interpeller les députés européens. «En France, une quarantaine de députés s’occupent des affaires agricoles [au sein de la commission des affaires économiques, en charge de ces questions]; les autres n’y connaissent rien», explique Laurent Pinatel. Du coup, les citoyens seront invités à prendre rendez-vous avec leur député pour lui parler surface d’intérêt écologique, rotation des cultures, et plafonnement des aides.

 

 

Stéphane le Foll est attendu ce vendredi soir 31 mai pour une conférence-débat avec José Bové, Benny Haerlin (réseau européen ARC 2020) et Jacques Caplat (Agir pour l’environnement). «C’est bien qu’il prenne la température de ce qui se passe dans la société», estime Laurent Pinatel. Mais… les «consom’acteurs» n’auraient-ils pas, un chariot entre les mains, des tendances schizophréniques, à l’affût des prix bas? «On ne croit pas qu’il faut une agriculture de pauvres qui produirait pour des consommateurs riches et une agriculture de riches qui produirait pour des consommateurs pauvres», répond Christian Roqueirol, secrétaire national de la CF. Comme des légumes «bio» vendus à des prix élevés par des maraîchers sans subvention versus des céréales ultra subventionnées expédiées à l’autre bout du monde dans des pays étranglés par cette agriculture subventionnée... D’autant que la tendance actuelle -l’hémorragie paysanne, la concentration des fermes, les prix tirés vers le bas- entame la souveraineté alimentaire française et européenne. «La PAC sera légitime si elle répond aux enjeux sociaux», assure Laurent Pinatel, qui reprend l’ancien slogan du syndicat «produire, employer, préserver».

 

 

Accaparement et artificialisation des terres, loi sur le certificat d’obtention végétale, introduction de la proportionnelle aux élections dans les chambres d’agriculture, aides pour les petites fermes… La liste des griefs et propositions de la CF est longue… «Le Foll veut faire une loi? Mais pour qui, pour quoi et comment? Aujourd’hui, l’alternative se joue entre soutenir une production de masse ou aider une production de qualité», résume Laurent Pinatel.

 



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