La concertation sur le Plan national d’adaptation est lancée

Le 09 décembre 2009 par Sabine Casalonga
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Mardi 8 décembre, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, a lancé la concertation pour l’élaboration du Plan national d’adaptation au changement climatique en 2011. Trois groupes de travail réunissant les 5 collèges «grenelliens» plancheront sur les mesures et les financements à mettre en place pour limiter les impacts négatifs du réchauffement en France.

«Même si l’obtention d’un accord à Copenhague permet de limiter le réchauffement planétaire à 2°C, nous aurons à faire face à des effets du changement climatique. C’est maintenant qu’il faut passer à l’action en termes d’adaptation», a averti Jean Jouzel, climatologue, membre du Giec (1) et président d’un des trois groupes de travail installés hier.

Le lancement de cette concertation fait suite à la publication, fin septembre, du premier rapport d’évaluation du coût des impacts du changement climatique à l’échelle nationale par un groupe interministériel (2). L’élaboration du Plan national d’adaptation d’ici 2011 est inscrite dans la loi Grenelle I. Il sera décliné dans les futurs «schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie», proposés par le projet de loi Grenelle II et dans les plans Climat énergie territoriaux d’ici 2012.

L’importance de l’adaptation est trop souvent oubliée, ont estimé les intervenants à la conférence de presse organisée par le ministère de l’environnement (Meeddm). Ils ont souligné l’urgence de mesures permettant de prévenir les conséquences néfastes sur le territoire. Les effets du changement climatique dont certains sont déjà à l’œuvre, auront un coût estimé à plusieurs centaines de millions d’euros par an pour plusieurs secteurs à l’échelle nationale, d’après le récent rapport interministériel. «Le rapport Stern a estimé le coût de l’inaction entre 5 et 20% du PIB mondial, contre 1 à 5% pour l’adaptation», a rappelé Chantal Jouanno. Plusieurs autres études internationales ont également montré que les coûts d’adaptation sont largement inférieurs aux coûts qu’ils permettent d’éviter. Au-delà du risque de montée des eaux ou de sécheresses, le réchauffement pourrait entraîner la disparition de «20 à 30% des espèces» et faire apparaître de nouvelles maladies, a évoqué la secrétaire d’Etat.

La concertation, coordonnée par Paul Vergès, président de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc) aura pour but de recueillir les avis pour la définition du Plan national mais également de mobiliser l’ensemble des acteurs pour que «l’adaptation soit reconnue au même titre que l’atténuation (limitation de nos gaz à effet de serre)». «Il faut agir sur les deux fronts. On n’a plus le temps ou le luxe de choisir entre les deux», confirme Pierre-Franck Chevet, directeur de l’Onerc et de la direction générale Energie et Climat (DGEC) au Meeddm.

Le groupe de travail n°1 présidé par Michel Havard, député du Rhône (UMP) sera chargé de réfléchir aux thèmes transversaux (eau, biodiversité, santé, risques naturels). «La question de l’eau est très liée au climat; une réflexion sur l’adaptation de l’agriculture et des modes de vie est nécessaire, souligne le député. La question très importante de la pollution de l’air devra également être traitée.»

Le groupe n°2, présidé par Jean Jouzel traitera de thèmes sectoriels (agriculture/forêt/pêche, énergie, tourisme, infrastructures). Enfin, les questions délicates de financements reviendront au 3e groupe, présidé par le député de Haute-Savoie (UMP) Martial Saddier, également chargé de la gouvernance, de la connaissance et de l’éducation. «Le plus facile sera d’identifier l’argent qui ne sera pas dépensé, grâce à la réalisation d’études d’impact des effets du changement climatique», estime le parlementaire. Une des idées-phares, selon Pierre-Franck Chevet, consistera à intégrer dans les investissements à long terme (infrastructures de transport, sites industriels, forêts et logements) «la situation de la France dans 40 ans».

Les groupes de travail seront constitués d’une trentaine de personnes issues des 5 collèges du Grenelle (Etat, collectivités locales, entreprises, syndicats, associations) ainsi que d’experts. Les groupes se réuniront 4 à 5 fois en 2010 avant de remettre la synthèse de leurs travaux mi-juin. Ensuite les parlementaires, mais aussi le public (via internet) et les régions (via l’organisation de réunions locales) seront consultés, de septembre à mi-octobre 2010. Une table ronde finale fin octobre précèdera la préparation du plan national d’adaptation entre novembre 2010 et février 2011.

Benoît Hartmann, coordinateur du pôle Aménagement durable du territoire à France nature environnement (FNE), estime que les conséquences sociales du changement climatique («réfugiés climatiques», précarité énergétique) sont insuffisamment abordées. Il prône un modèle d’aménagement du territoire fondé sur la densification de l’habitat ainsi qu’une fiscalité verte. «FNE fera pression pour que le Plan national d’adaptation au changement climatique comporte des engagements concrets, notamment financiers, et implique les associations à l’avenir des territoires », a déclaré Arnaud Gossement, porte-parole de la fédération dans un communiqué.

(1) Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
(2) Dans le JDLE «Réchauffement: un coût de ‘centaines de millions d’euros par an’»


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