La Commission veut une «révolution post-industrielle»

Le 11 janvier 2007 par Bérangère Lepetit
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«Le temps d'une énergie sûre et peu chère est révolu», a jugé Bruxelles en annonçant sa priorité: la lutte contre le réchauffement climatique.

Jeter les bases d'une politique communautaire de l'énergie, tout en luttant contre le réchauffement climatique: la Commission européenne a dévoilé mercredi 10 janvier ses objectifs en matière de politique énergétique.

Et elle affiche clairement ses ambitions. «L'Europe doit donner l'exemple au monde pour une révolution post-industrielle», a déclaré le président de la Commission José Manuel Barroso en estimant que personne ne s'était jamais montré «aussi ambitieux». Un ton comparable à celui de Jacques Chirac, président de la république française, qui a appelé à une «nouvelle révolution industrielle» lors de ses voeux, le 31 décembre 2006.

Responsable de 14% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, l'UE peine à remplir les objectifs du protocole de Kyoto –une réduction de 8% des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l'horizon 2010 par rapport à 1990. Pas question pour autant de baisser les bras. Constatant que «l'énergie représente 93% des émissions de CO2», la Commission a estimé que les pays développés, les 27 en tête, devraient se fixer pour objectif de réduire de 30% leurs émissions de GES dans le cadre d'un nouvel accord international succédant à l'actuel protocole de Kyoto qui expire en 2012.

Or, dans l'attente de cet éventuel accord, Bruxelles propose que l'UE s'engage unilatéralement à réduire ses émissions «d'au moins 20%» en 2020 par rapport à 1990 et jusqu'à 30% si les autres pays industrialisés la suivent. «Une grosse erreur politique et scientifique», pour le bureau européen de Greenpeace, selon lequel l'Union n'a pas d'autre choix pour diviser par 4 les émissions de GES d'ici 2050 que de réduire ses émissions de 30%.

La Commission plaide donc pour de fortes économies d'énergie et surtout des investissements dans les énergies renouvelables (électricité, chauffage et refroidissement, biocarburants), dont la part serait portée à 20% d'ici 2020, alors que l'UE n'en est actuellement qu'à 7%. Les Etats membres pourront choisir quelles énergies renouvelables ils veulent privilégier, en fonction de leur spécificité. Tout en reconnaissant que «c'est à chaque Etat membre de décider de recourir ou non au nucléaire», la Commission plaide de manière prudente pour le nucléaire en listant ses avantages en termes de coûts, d'émissions de CO2 et d'indépendance.

Dernier objectif: développer la concurrence sur les marchés énergétiques européens. Pour cela, la Commission pose deux options sur la table qui ne sont pas sans provoquer des débats: soit une séparation totale entre producteurs et distributeurs, soit la mise en place d'un opérateur indépendant de gestion des réseaux, dont le producteur pourrait rester propriétaire.



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