La Commission part à la chasse au trafic des espèces sauvages

Le 07 février 2014 par Marine Jobert
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Les 5,4 tonnes d'ivoire ont été réduites en poudre aux Etats-Unis en novembre 2013.
Les 5,4 tonnes d'ivoire ont été réduites en poudre aux Etats-Unis en novembre 2013.
©Alex Hofford/EPA

Bruxelles lance une consultation publique sur la manière dont l’Union pourrait lutter plus efficacement contre le trafic des espèces sauvages. Parce que ses citoyens sont des consommateurs de ces produits  et parce que son territoire est un lieu de transit pour ces trafics, l’Union souhaite approfondir plusieurs questions auprès des parties prenantes. Elle lance donc un appel aux organisations nationales et internationales, aux Etats et aux autorités de contrôle, au corps judiciaire, au secteur privé et à la société civile investis dans la lutte contre le trafic d’espèces protégées.

Renforcer les efforts

Parmi les sujets proposés à la réflexion: l’adéquation du cadre actuel, les instruments qui pourraient renforcer les efforts consentis, la manière dont l’Union en particulier peut contribuer à la lutte, en améliorant ses connaissances et les données à sa disposition, ainsi que la possibilité de renforcer les sanctions. «La biodiversité paie un lourd tribut au trafic d'espèces sauvages, et nous devons trouver des moyens d'action plus efficaces. Cette consultation est la première étape d’un processus qui, je l’espère, marquera un tournant dans notre approche», a déclaré Janez Potocnik, le commissaire européen chargé de l'environnement. Une conférence aura lieu le 10 avril prochain, où les résultats de la consultation seront dévoilés.

500 millions en 30 ans

L’Union ne découvre pas le problème, elle qui a investi plus de 500 millions d’euros en Afrique en 30 ans en faveur de la conservation de la biodiversité et adopté des règles commerciales strictes en ce qui concerne les espèces menacées. Mais c’est l’ampleur économique sans précédent qu’a pris le phénomène qui la pousse à réagir. «Le nombre d'éléphants africains abattus illégalement a doublé au cours de la dernière décennie, 22.000 d'entre eux ayant été abattus par des braconniers en 2012. Quant au braconnage de rhinocéros, il a explosé en Afrique du Sud, et la corne de rhinocéros se négocie aujourd'hui au prix de 40.000 €/kg. Le braconnage est également responsable de la mort de 78% des tigres de Sumatra. Les os de tigre se négocient au prix de 900 €/kg», rappelle la Commission.

Faiblesse des sanctions

Le faible degré de sensibilisation, le risque minime de poursuites et la faiblesse des sanctions rendent cette activité particulièrement attrayante, constate la Commission. Le trafic d’espèces menacées est devenu un secteur en pointe des activités criminelles, appelant des ripostes inspirées des techniques militaires. Le 6 février, la France a procédé pour la première fois à la destruction de 3,5 tonnes d’ivoire saisies par les douanes. Une opération à haute portée médiatique organisée quelques jours avant le sommet de Londres sur le braconnage et les espèces menacées, qui aura lieu les 12 et 13 février.



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