La Commission interdit l'exportation de mercure

Le 03 février 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
mercure2
mercure2

L'Union européenne (UE) a décidé d'interdire ses exportations de mercure à l'horizon 2011. Ce qui va déstabiliser le marché puisque l'UE représente plus du quart de la production mondiale.

Le mercure fait partie des métaux lourds qui présentent un risque pour la santé et l'environnement, comme l'illustre le célèbre exemple de la pollution de Minamata qui a entraîné l'apparition de graves troubles neurologiques chez plus de 2.000 Japonais. La substance chimique est donc réglementée par plusieurs directives européennes, notamment la récente directive 2004/107/CE sur la pollution atmosphérique, la directive 2001/466 sur les teneurs de certains polluants dans les denrées alimentaires et la directive 2002/95 dite ROHS sur les piles et accumulateurs. Aujourd'hui, la Commission européenne a décidé de combattre plus fortement encore la pollution au mercure, avec pour principale mesure l'interdiction des exportations européennes de mercure d'ici 2011. L'Union européenne (UE) étant productrice de 1.000 tonnes par an sur un marché mondial de 3.600 tonnes, cela devrait entraîner une limitation du commerce mondial du mercure.

Le principal touché par cette interdiction est la société espagnole Minas de Almaden, seul exploitant européen d'une importante mine de mercure. D'ailleurs, l'entreprise, fermée provisoirement depuis le mois de juillet, ne devrait pas reprendre son activité d'exploitation d'après une déclaration, le 14 janvier, à Reuters du directeur commercial de Minas de Almaden, Manuel Ramos. Les raisons invoquées sont économiques mais aussi environnementales.

En outre, les industries consommatrices de ce minerai sont aussi visées, ainsi le secteur chimique (emploi de mercure comme électrolyse pour produire du chlore et de la soude) qui doit changer son processus de fabrication d'ici 2020 dans toutes les usines de l'UE. Cette élimination du procédé chimique de fabrication du chlore générera des déchets de mercure évalués à 12.000 tonnes dans l'UE dont 3.000 à 4.000 tonnes en France. La Commission se propose de procéder à un «stockage adéquat», dont les coûts sont évalués à 1,5 million d'euro par an.

L'activité médicale qui emploie environ 29 tonnes par an en France pour les amalgames et les thermomètres devra aussi probablement réduire encore sa consommation dans les prochaines années puisque la Commission prévoit de «poursuivre l'examen des dernières utilisations de mercure dans l'UE (par exemple, l'amalgame dentaire).» En revanche, il n'est pas fait explicitement mention de l'industrie des batteries puisque la directive 98/101/CE limite le contenu en mercure des piles et accumulateurs mis sur le marché. Le seuil en France a été établi par le décret 99-1171 à 5 parties par millions (ppm).




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus