La Commission européenne ne se laisse pas enfumer par le tabac

Le 31 mai 2013 par Marine Jobert
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Une affiche pour défendre la "liberté de vapoter" des Européens, soi-disant menacée par la révision de la directive sur les produits du tabac.
Une affiche pour défendre la "liberté de vapoter" des Européens, soi-disant menacée par la révision de la directive sur les produits du tabac.
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Tonio Borg est en guerre contre la cigarette. A l’occasion de la journée mondiale sans tabac, le commissaire européen chargé de la politique de la santé et des consommateurs a rappelé que chaque année, 700.000 Européens meurent des suites du tabac, quand des millions sont touchés par le cancer, ou des maladies cardiovasculaires et respiratoires. Ce sont les jeunes -70% des fumeurs commencent avant l’âge de 18 ans- qui le préoccupent le plus. «Il est temps d’exclure les produits du tabac parfumés et attirants, qui visent le jeune public. Ces produits ne devraient pas ressembler à des jouets ou à des cosmétiques ou avoir le goût de la vanille ou du chocolat», écrit-il dans un billet.

 

En décembre dernier, la Commission européenne a lancé une révision de la directive sur les produits du tabac, près de 10 ans après son entrée en vigueur. «Les règles existantes présentent un certain nombre de faiblesses, de vides et de failles», écrivait alors la Commission, qui publiait une série de «questions/réponses» afin d’esquisser les grandes lignes d’une future réglementation visant à «améliorer le fonctionnement du marché intérieur, tout en garantissant une bonne protection de la santé publique». Depuis, la Commission européenne a été en butte à un déferlement «d’idées fausses et de mythes», qui l’ont amenée à publier le 30 mai une série de mises au point.

 

Une partie de ces assertions s’inscrivent dans la droite ligne des mystifications développées depuis plusieurs décennies par l’industrie du tabac comme le «mythe n°1: cette proposition contrevient à la liberté de choix des gens». Une antienne que le journaliste Stéphane Foucart balaie dans son livre «La fabrique du mensonge»[1] [JDLE]. «Fumer –c’est-à-dire souiller durablement son propre organisme par mille produits de combustion- est perçu comme un geste élégant et beau; fumer est réputé offrir du ‘plaisir’ alors qu’il ne s’agit que de procurer un soulagement momentané, destiné à répondre à un besoin créé de toutes pièces; fumer est aussi revendiqué comme un acte de rébellion contre les marges conservatrices de la société, comme l’expression de la liberté –celle de disposer comme on l’entend de soi-même et de son corps- alors que l’acte de fumer est très exactement le résultat d’un asservissement de masse.»

 

La crise économique est convoquée par le «mythe n°4: les nouvelles règles seront mauvaises pour l’économie». Faux, répond la Commission européenne: «Les gouvernements pourraient y trouver des bénéfices directs et indirects. Moins de fumeurs engendrera des économies directes pour le système de santé, d’un montant de 506 millions d’euros par an. En outre, 165 M€ pourraient être économisés par an à cause de la baisse de productivité dues à l’absentéisme ou à la retraite prématurée».

 

Le commerce illicite, la cigarette électronique ou le paquet neutre [JDLE] –autant de sujets sur lesquels se penche la directive- sont également abordés par la Commission.



[1] Collection Denoël / Impacts, 17 euros.

 

 

 



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