La Commission doute des «fat tax»

Le 30 juillet 2014 par Romain Loury
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Une taxe qui ne fait pas le bonheur de tous
Une taxe qui ne fait pas le bonheur de tous
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Les taxes sur les aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés permettent certes d’en diminuer la consommation, mais on n'en connaît pas l'impact réel sanitaire. Les consommateurs pourraient tout simplement se tourner vers des marques moins chères, au détriment de nombreuses entreprises, selon un rapport réalisé pour le compte de la Commission européenne.

Après les taxes sur le tabac et l’alcool, celles sur les aliments mauvais pour la santé (obésité, maladies cardiovasculaires, diabète, etc.) ont récemment fait leur entrée dans quelques pays de l’Union européenne. Parmi eux, la France taxe ainsi depuis 2012 les boissons sucrées et édulcorées, et s’apprête à faire de même pour les boissons énergisantes.

La Hongrie s’y est mise dès 2011 avec les boissons sucrées, les boissons énergisantes, les produits sucrés préemballés ainsi que les snacks et condiments salés. Si la Finlande s’en tient aux produits sucrés, le Danemark a quant à lui abandonné sa «fat tax», jugée d’application trop compliquée.

Prônées par de nombreux nutritionnistes inquiets de l’épidémie d’obésité, ces taxes sont en revanche loin de faire le bonheur des industriels de l’agroalimentaire. Pour eux, un tel système constitue une menace pour leur compétitivité.

Réalisé pour le compte de la direction générale (DG) Entreprises de la Commission, le rapport «Taxes sur les aliments et leur impact sur la compétitivité du secteur agroalimentaire» semble d’ailleurs leur donner raison. Ce qui explique pourquoi il a aussitôt été salué par l’Union des associations européennes des boissons rafraîchissantes (Unesda).

Selon cette étude, de telles taxes entraînent bien une réduction de la consommation des produits concernés. Un point positif, mais le seul qui ressort clairement. Aussitôt, les experts estiment que les consommateurs pourraient se tourner vers des produits similaires mais de marque moins chère, tout aussi mauvais pour la santé.

Du côté des entreprises, la gestion administrative s’en trouverait alourdie, notamment si la taxe ne s’applique qu’à un seul ingrédient (par exemple les acides gras saturés dans la taxe danoise abandonnée), ou si son application s’avère compliquée d’un produit à l’autre. En particulier pour les PME, dont la compétitivité souffrirait le plus.

Autre risque, celui d’un impact négatif sur l’emploi et l’investissement. Le rapport se montre en revanche plus rassurant sur la question des achats transfrontaliers, argument souvent avancé par l’industrie. Si le phénomène a bien été observé au Danemark, au profit des commerçants allemands et suédois, il semble plutôt «limité».

D’autres pays ont annoncé leur intention de mettre en place des taxes sur les aliments. Parmi eux, l’Irlande et l’Italie, toutes deux sur les boissons sucrées –ainsi que sur les édulcorées, pour cette dernière.



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