La Commission consulte sur la modernisation de la politique agricole commune

Le 07 février 2017 par Marine Jobert
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Un tract de la Conf' paysanne contre la PAC.
Un tract de la Conf' paysanne contre la PAC.

La Commission européenne lance la 1ère étape officielle de la nouvelle politique agricole commune, qui devrait entrer en vigueur en 2020.

Après avoir refusé d’en passer par la case ‘Refit’, la Commission a lancé jusqu’au 2 mai une procédure de consultation sur la modernisation et la simplification de la politique agricole commune (PAC). Le contexte qui a présidé aux évolutions dessinées en 2013 a «fortement évolué», estime la Commission. En cause: la chute des prix des produits agricoles, la multiplication des accords bilatéraux (qui imposent de «trouver un juste équilibre entre les intérêts offensifs et défensifs») et les nouveaux engagements internationaux de l’Union (dont la COP 21), dans un contexte de «flux migratoires massifs».

5 scénarios évalués

A l’aide d’un questionnaire ouvert à tous (dont les résultats seront publiés en juillet 2017) et grâce à une future analyse d’impact, la Commission entend parvenir à «une synthèse des données probantes sur les résultats obtenus par la PAC jusqu’à aujourd’hui, [à] tirer des enseignements de la mise en œuvre de la dernière réforme, engager un dialogue structuré, déterminer quelles sont les difficultés actuelles et anticiper les besoins en matière de modernisation et de simplification de la PAC». Cinq scénarios vont être évalués, précise une analyse d’impact initiale, allant d’une option sans PAC à une option ‘tout bio’ très redistributive en faveur des petites exploitations.

Catastrophe environnementale

Très méfiantes, les associations en charge des questions environnementales et agricoles dressent d’abord un bilan fort critique de la PAC actuellement en vigueur. «La PAC reste une politique préjudiciable pour l’environnement, qui contribue au changement climatique, à la perte de la biodiversité, à l’érosion des sols et à la pollution des eaux», condamne BirdLife Europe dans un communiqué. L’association bruxelloise rappelle que les oiseaux des champs ont décliné de moitié dans les 30 dernières années, devenant le groupe aviaire le plus menacé d’Europe. «La tentative précédente de ‘verdir’ la PAC a été un échec tant au plan environnemental et que de la biodiversité», conclut-elle.

Agriculture ‘smartphonisée’

La Confédération paysanne réserve ses critiques à «l’engouement de la Commission pour le développement des assurances privées -dont l'assurance revenu- et les investissements dans les nouvelles technologies (auto-guidage des tracteurs, drone, etc.) qui éloignent les paysans de leur savoir-faire et les endettent toujours plus». Cette ‘agriculture smartphonisée’, qui permettrait de lancer la traite depuis son téléphone ou de gérer à distance les infestations d’insectes, la FNSEA l’appelle de ses vœux. Tout comme la mise en œuvre de l’assurance revenu.

Assurer la crise

«Cette assurance revenu, qui se déclencherait quand le revenu atteindrait moins de 65% de la moyenne des revenus des trois années précédentes, ne peut pas fonctionner, analyse un proche du dossier. Car le principe même d’une assurance, c’est que le risque est aléatoire et l’assurance solidaire. Or si tout le monde se casse la gueule, c’est qu’on est dans une crise où les prix fluctuent.» En outre, son caractère non obligatoire laisserait sur le bord de la route les plus petits, au profit de ceux qui pourraient payer une telle assurance.

 



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